LIVRE III. - CHAPITRE V
dans la Saxe, et vint assiéger la ville de Leipzig : ce qui obligea l'électeur à recourir au roi de Suède, qui fit d'abord le difficile, mais qui ensuite, après avoir reconnu la sincérité avec laquelle l'électeur agissait, se déclara prêt à lui envoyer du secours.
Four cela, l'électeur lui remit un acte dalé de Torgau, du l*r septembre, par lequel il promettait de joindre ses troupes à celles de Sa Majesté Suédoise aussitôt qu'elles auraient passé l'Elbe; qu'il laisserait au roi l'exécution des entreprises qu'ils auraient concertées ensemble; qu'il le recevrait dans ses places en cas de besoin, et qu'il fournirait a son armée les vivres et les fourrages nécessaires.
D'autre part, l'acte que le roi de Suède donna a l'électeur était daté du même jour, du camp de Wcrbcn : il portait qu'il l'assisterait et défendrait envers tous et contre tous, et qu'il chasserait ses ennemis de ses États sans faire aucun préjudice à sa dignité ni à ses droits.
Après ces conventions, ils joignirent leurs troupes, et gagnèrent la bataille de Leipzig. L'électeur se tint toujours uni depuis aux Suédois, jusqu'à ce qu'après la mort du roi Gustave il fit sa paix particulière avec l'empereur, ayant reconnu que les Suédois voulaient conserver un pied dans l'Empire.
Traite1 Je Francfort entre le même roi et I» tille d'Uni, pour alliance ; 1031 j.
Le roi de Suède ayant remporté cette grande victoire, et réduit sous son obéissance plusieurs provinces de l'Empire, les habitants de la ville d'L'Im, zélés luthériens, mais qui avaient été contraints d'abandonner deux fois le parti protestant, rentrèrent dans leurs premiers sentiments, et firent avec Gustave un traité d'alliance, par lequel Gustave leur promit sa protection, et de les défendre contre tous leurs ennemis.
D'autre part, les sénateurs d'L'Im promirent de regarder le roi de Suède comme leur protecteur; de ne fournir ni vivres, ni argent, ni munitions à ses ennemis; d'augmenter leur garnison de douze cents hommes, payés à leurs dépens; de recevoir de la part du roi un gouverneur, lequel, ainsi que les soldats, feraient serment au roi et à la
ville; et enfin de faire pour son service tout ce qui serait en leur pouvoir. Cette ville demeura dans cette alliance jusqu'à la paix de Prague qu'elle accepta.
Le roi Louis Mil étant à Metz, la ligue catholique lui envoya une députation solennelle pour le prier de lui accorder sa protection contre le roi de Suède, et pour tâcher de le détacher du parti de ce roi, contre lequel on voulait lui donner de la jalousie. Louis Mil leur persuada au contraire de se détacher de l'empereur, et de faire un traité de neutralité avec le roi de Suède, et voulut essayer de leur procurer lui-môme cette neutralité, en envoyant le marquis de Brézé vers ce roi pour la lui proposer, et cependant obtenir une suspension d'armes.
Le roi de Suède, après quelque dispute avec le marquis, convint d'entrer en négociation, et accorda, au mois de janvier 1632, une suspension d'armes de quinze jours.
Les conditions qu'il proposa pour ce traité de neutralité furent, qu'elle serait observée de bonne foi entre le duc de Bavière et ses alliés d'une part ; le roi de Suède et les princes d'Allemagne ses confédérés, de l'autre; que les princes ligués sortiraient des places qu'ils avaient occupées dans la basse Saxe depuis l'année 1618; qu'ils reliraient leurs troupes des provinces évangéliques ; qu'ils n'en retiendraient que dix ou douze mille hommes en corps d'armée, outre leurs garnisons ; qu'ils casseraient le reste, sans permettre à l'empereur de les prendre à son service, ni de se fournir d'armes ou de munitions de guerre dans leurs Etats.
De sa part, le roi de Suède s'obligeait de ne faire aucune peine aux princes catholiques ligués dont il n'avait pas encore occupé les Etats, hormis à l'évêque de Bambcrg, contre lequel il était irrité, parce qu'il prétendait en avoir été trompé ; qu'il laisserait au duc de Bavière le bas Palatinat, hormis la ville de Spire, jusqu'à ce que ses différends eussent été terminés à l'amiable avec l'électeur palatin ; enfin il fut
Négociation pour neutralité entre le même roi et les prince* de la ligue catholique (1032).