‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 217 sur 269 · LIVRE III. - C1IAPITUF. V. f,l · texte numérisé non relu

LIVRE III. - C1IAPITUF. V. f,l

Cette proposition obligea Oxensticrn de dresser un projet de traité par lequel, entre autres choses, il demandait que la couronne de Suède fût dédommagée de tous les frais qu'elle avait faits pendant celle guerre, et que jusqu'au payement, elle retînt quelques places dans l'empire; qu'il y eût alliance entre le royaume de Suède et les États protestants, avec obligation de se secourir mutuellement; qu'on payât à leurs troupes ce qui leur était dû de leur solde; et que le roi de France et les États généraux fussent compris dans ce traité s'ils voulaient y entrer.

L'électeur répondit que le roi de Suède avait déclaré qu'il était entré en Allemagne, non-seulement pour les intértès des princes protestants, mais aussi pour venger ses injures particulières : qu'ainsi les princes protestants ne devaient pas payer tous les frais do la guerre; que d'ailleurs, les Suédois avaient levé de grandes contributions et reçu des péages; que leur armée était en partie composée d'Allemands payés par les princes confédérés; qu'il fallait que la Suède fixât une somme pour satisfaction ; qu'il tâcherait de faire consentir les États protestants à lui payer, en quatre années, un million de florins; et qu'enfin la ligue que le chancelier demandait était contraire à la paix, et donnerait de l'ombrage à l'empereur et aux catholiques.

Oxensticrn refusa ces offres; l'électeur lui fit offrir jusqu'à 2 millions et demi de florins; mais les esprits s'aigrirent; la guerre s'alluma, en 1636, entre les Suédois et les Saxons, et continua avec différents succès durant huit ou neuf années.

Traitf de Stade entre la reino Christine et Frédéric, archerêque do Brème, pour neutralité.

Jean-Frédéric duc de Holstein, archevêque de Brème entra en 1625 dans la ligue conclue à I.auenbourg avec le roi de Danemark, dont le fils aîné nommé Frédéric était son coadjuleur : les impériaux 8e saisirent de ses meilleures places où ils mirent garnison ; mais cet archevêché fut compris dans l'édit que fit l'Empereur en 1627

i,50 HISTOIRE DES TRAITÉS DE PAIX.

pour la restitution des biens ecclésiastiques occupés par les protestants depuis la paix de Passau, et par le traité du Lubcck le roi de Danemark et son fils furent obliges de renoncer à cet archevêché dont l'empereur fit pourvoir par le pape l'archiduc Léopold son fils en

Cela fut cause que, lorsque les Suédois entrèrent en Allemagne, cet archevêque se joignit à eux pour chasser les impériaux des places qu'ils occupaient dans ses Ftals. Après sa mort le roi de Danemark ayant demandé à l'empereur l'investiture de cet archevêché pour son fils, l'empereur la lui accorda dans le dessein de le brouiller avec les Suédois, qui en occupaient la meilleure partie; mais la Suède ne voulant pas se faire de nouveaux ennemis dans un temps qu'elle venait d'être abandonnée d'une partie de ses alliés, fit un traité à Stade en 1636 avec Frédéric, par lequel on convint que la reine lui remettrait cet archevêché et toutes les places que ses troupes y occupaient et dans l'évèché de Verden, à la charge d'observer une exacte neutralité.

Les choses demeurèrent en cet état jusqu'à ce qu'en 1643, les Suédois, prétendant que Frédéric avait pris le parti de son père contre eux. se saisirent de ses principales places; de sorte qu'il ne lui resta que Brcmcrvorde qui était la résidence des archevêques.

Trait>5 do L&uenbourg entre U môme reine et le* ducs do Brunnwick, pour neutralité.

Les ducs de Brunswick et de Lunehourg avaient accepté la paix de Prague et pris le parti de l'empereur; cependant le général Banier ayant fait une irruption dans les Étals du duc Georges, ce prince, mal satisfait de l'empereur, qui lui retenait toujours sa place de Wolfenbultel contre le traité de Prague, envoya des députés à Lauenbourg vers le général suédois pour lui demander la neutralité au nom de tous les princes de sa maison.

D'abord Banier leur fit de rudes propositions qu'ils refusèrent; ne voulant pas lui remettre, comme il .souhaitait, une de leurs plus fortes places pour assurance de la neutralité. Il s'en désista pour

Page 1