‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 233 sur 269 · LIVRE [II. - CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE [II. - CHAPITRE VI

Sigismond se plaignit que Gustave eût rompu la trêve sans on avoir averti trois mois auparavant ; mais il prétondit que ce n'était pas sa faute, ayant envoyé à cet effet en Pologne des ambassadeurs que les vents contraires avaient empêché d'y entrer.

Après la prise de Riga, on convint d'une trêve jusqu'au mois de juin 1624, et que, pendant cette trêve, des commissaires nommés de la part des deux couronnes s'assembleraient pour chercher les moyens de faire la paix. Cette conférence fut tenue, mais on n'y conclut rien, quoique les Suédois inclinassent à des conditions assez, avantageuses à Sigismond et à la Pologne, consentant de rendre la I.ivonie à la Pologne, et de donner la Finlande et l'KsIhonio à un des fils de Sigismond , avec assurance de succéder à la Suède si Gustave mourait sans enfants mâles. Ils convenaient aussi que Sigismond continuât de prendre le titre de roi de Suède, pourvu que Gustave le pût aussi prendre, et qu'il jouît tranquillement de ce royaume.

Les Ktats de Pologne et de l.ithuanie. assemblés à Varsovie au commencement de l'année suivante, étaient d'avis de faire la paix à ces conditions, mais Sigismond les rejeta, ne voulant point renoncer au royaume de Suède, ni l'abandonner à la postérité de Charles, au préjudice de ses enfants.

Tmi«i*oic iniii.; de Trêve» entre ta mein.- : H«t .

La paix ne fut dune point conclue entre la Suède et la Pologne pour l'intérêt, du roi Sigismond et de ses enfants; mais les Polonais n'étant point contents de la continuation de cette guerre, et ayant plusieurs sujets de plaintes contre leur roi, ne voulaient point lui donner de secours contre la Suède. Ainsi il fut obligé malgré; lui de passer, en Kïi'j, un autre traité de prolongation de la trêve jusqu'au dernier mars à condition (pie si une des deux parties ne décla-

rait pas la guerre deux iimis auparavant l'expiration de cette trêve, elle serait censée renouvelée jusqu'au !" juin IG2G, et que cependant chacun retiendrait ce qu'il possédait alors; que les deux princes n'entreprendraient aucunes hostilités l'un contre l'autre; que le commerce serait libre de part et d'autre; que les prisonniers seraient

délivrés; et que les commissaires tâcheraient d'avoir des pleins pou- \oirs pour traiter d'une paix stable et d'une prolongation de cette trêve.

Traii.- d'Altenmarltt nu de Varsovie entre les mPmps, pour une trevede sil «nntVs

Cette trêve de 1624 ne fut point prolongée; ainsi Gustave, étant

■ litre dans la Livonie on I62~>, délit le général Sapicha et se rendit maître de tout ce que la Pologne y occupait encore, hormis de Dunaiminde et de quelques lieux voisins. Il lit aussi une invasion dans la Lilhuanie, où il prit quelques places, et étant entré, en 1626, dans la Prusse royale, il s'y rendit maître de plusieurs villes et entre autres de Braunsberg, Flavemberg, F.lhing, Marienbourg et Dirschau. La guerre continua avec différents sunés jusqu'en 1627. Les Polonais

■ taient assistés puissamment par l'empereur qui envoyait tous les ms une armée à leur secours. Il y eut une suspension d'armes en 1627, pendant laquelle les ambassadeurs de Hollande disposèrent les Suédois à faire la paix, en rendant h la Pologne toutes les places i|u'ils avaient conquises sur ce royaume hormis Riga; mais les Espagnols et les ministres de l'empereur obligèrent encore Sigismond, par l< urs promesses magnifiques, à refuser ces conditions.

Ainsi la guerre recommença au mois de juin 1628, et l'empereur envoya à Sigismond six mille hommes qui contribuèrent beaucoup au ^cain d'une bataille où les Suédois eurent du pire dans le mois de juin <le l'année suivante.

Les ambassadeurs de France et d'Angleterre, qui voulaient obliger le roi de Suède d'entrer en Allemagne, prirent celle occasion pour lui persuader de faire la paix; il ne la voulait point faire qu'à condition que le roi de Pologne, tant pour lui que pour ses héritiers, renonçât ail titre de roi de Suède, et laissât à Gustave les places qu'il avait occupées sur la Pologne, hormis Marienbourg. Sigismond refusa de faire la paix à ces conditions, et les ambassadeurs médiateurs ne purent faire convenir les parties que d'une trêve de six années qui fut conclue au camp d'Allenmarkt, le 25 septembre 1629.

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