LIVRE III. — CHAPITRE VI
au roi de Suède la Livonie septentrionale, à condition qu'il permettrait aux catholiques de faire l'exercice de leur religion dans leurs maisons; et pour ce qui est de la Livonie méridionale, dont les Moscovites s'étaient emparés, on convint qu'elle appartiendrait h la Pologne quand on l'aurait retirée des mains des Moscovites, et qu'ils prendraient l'un et l'autre les titres et les armes de ducs de Livonie.
A l'égard de la Prusse, le roi de Suède promit de rendre à la Pologne Elbing, Maricnbourg, et toutes les autres places qu'il possédait encore dans cette province.
Enfin le roi de Suède promit de mettre en liberté le duc de Courlande avec la duchesse son épouse et ses enfants, et de les faire conduire honorablement dans leurs Etats, à la charge que ce duc donnerait au roi de Suède un acte particulier par lequel, sans préjudice de la fidélité qu'il devait au roi de Pologne, il promettrait de ne se point ressentir de l'enlèvement qui avait été fait de sa personne. Toutes les parties convinrent que le roi de France serait garant de ce traité, comme il en avait été le médiateur.
Autre traité entro le» même», pour un secoura contra les conKdcnSs do Pologne
(Mil).
Le roi Casimir souhaitait faire élire le duc d'Enghicn, qui avait épousé la nièce de la reine son épouse, pour son successeur au royaume de Pologne, nonobstant les oppositions de quelques seigneurs et des armées do Pologne et de Lithuanie. Le roi do France, dans la même vue que ce prince de son sang fût élevé à cette dignité, moyenna en 4661 un traité secret entre les rois de Suède et de Pologne pour un secours considérable qui devait servir à leurs desseins.
Nous verrons ailleurs que le roi de France avait aussi traité avec la Suède pour ce secours, qui ne fut point envoyé; les aimées ayant rompu leur confédération à condition qu'on ne parlerait plus d'élire un successeur au roi de Pologne.
m HISTOIRE DKS TRAITÉS DK PAIX.
Traite de Dantii*- entre Charte» XI et Jean S«ble*kl. pour alliance contre l'électeur de Brandebourg (1671).
Le roi de Pologne Jean Sobicski avait procure la neutralité h la Prusse ducale, que le roi de Suède avait eu dessein d'attaquer, lorsque l'électeur de Brandebourg, au commencement de 1677, s'était rendu maître de presque toute la Poméranie suédoise. Cette neutralité avait été accordée à la charge que l'électeur n'y ferait point de levées, ce qu'il n'observa point; au contraire, il leva des troupes en Prusse et les fit passer sans permission du roi de Pologne par la Prusse royale; de sorte que ce roi, ne pouvant plus dissuader le roi de Suède d'attaquer la Prusse, et craignant que, s'il s'en rendait le maître, cette province fût pour jamais séparée de la Pologne, aima mieux, par l'entremise du marquis de Béthune, faire à Dantzig, le 25 août 1677, un traité avec le roi de Suède, par lequel on convint que les troupes de Suède, entrant dans la Prusse ducale, tâcheraient d'en disposer les Ktats a se mettre sous l'obéissance du roi de Pologne, sinon que le roi de Suède agirait par une autre voie et remettrait au roi de Pologne toutes les places qu'il y occujKxait.
Le roi de Suède devait envoyer pour cette expédition huit ou dix mille hommes, auxquels le roi de Pologne promit par ce traité de joindre un corps de six ou sept mille hommes avec l'artillerie convenablo et son équipage.
Mais ce traité n'eut aucune suite , la Suède n'ayant point été en état de faire une puissante invasion dans la Prusse, surtout lorsque l'électeur de Brandebourg, après avoir achevé de se rendre maître de la Poméranie, pouvait employer toutes ses troupes à la défense de la Prusse.