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LIVRE 111. — CHAPITRE VI. f

Venise, l'électeur de Brandebourg, le? États généraux et le duc de Courlande y feraient l'office de médiateurs, et que l'assemblée se tiendrait à Lubcck, où le roi très-chrétien envoya le sieur Clianut de sa part.

Les différends des ambassadeurs de Suède et de Pologne au sujet des visites reculèrent l'ouverture des conférences; mais elles fuient rompues peu après sur les titres, les .Suédois voulant que les Polonais donnassent ;'t la reine Christine le titre de reine de Suède et qu'ils ne le donnassent point à leur roi ; ce que les Polonais, qui étaient fiers à cause de la grande victoire que Casimir venait de remporter sur les Tartares et sur les Cosaques, ne voulurent point faire.

Mais avant que l'assemblée se rompit, ils dressèrent un acte de. chaque coté par lequel ils convinrent que, sans préjudice de la trêve, ils se rassembleraient au même lieu au mois de mai de l'année suivante ou au temps que le roi de France prescrirait.

Le roi ayant remis l'assemblée au mois d'octobre J6f>2, le sieur Chanut s'y rendit avec un ambassadeur de Venise, mais avec aussi peu de fruit, car la conférence fut rompue au mois de mars 1053, parce que les Suédois voulurent absolument qu'on échangeât d'abord les pleins pouvoirs, ce (pie les Polonais refusèrent; et parce que le roi Casimir n'y avait point pris la qualité de roi de Suède pour faciliter la paix, mais avait abrégé .ses qualités par un et ra-lera, les ambassadeurs de Pologne ne voulaient pas que la reine de Suède put profiter de ces pleins pouvoirs contre leur maître, si la paix ne se faisait point. Néanmoins, les ambassadeurs de part et d'autre se séparèrent dans le dessein de renouer les conférences lorsqu'on aurait trouvé quelque tempérament pour les préliminaires.

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11 restait encore plus de six années à expirer de la trêve de Stumsdorf, lorsqu'en IGS'i Charles-Gustave, roi do Suède. îi la sollicitation de Radzieïowski, vice-chancelier de Pologne, qui était fugitif de son pays, résolut de faire H guerre à Jean-Casimir, roi de Pologne.

sous prétexte des irruptions de Burski dans la Livonie, et de Crokcowski dans la Poméranie, lesquelles il prétendait avoir été faites du consentement du feu roi Uladislas et par ses intelligences avec le roi de Danemark et autres ennemis de la Suède. Ainsi , nonobstant les raisons convaincantes du roi de Pologne, Charles-Gustave fit entrer son armée dans ce royaume, et y étant venu lui-même peu après, il se rendit maître en 1655 de Posnanie, de Cracovie, de Varsovie, et de presque toute la Pologne, dont plusieurs Palatins le reconnurent pour leur roi, ainsi que la Lithuanie pour son duc.

L'année suivante le roi de Pologne rétablit ses affaires, quoique le roi de Suède eût attiré l'électeur de Brandebourg dans son parti. Czarnecki , général des Polonais, défit les Suédois en plusieurs combats et reprit Varsovie. Le roi de Danemark déclara ensuite la guerre au roi de Suède, et l'empereur Léopold, qui n'était encore que roi de Hongrie, se ligua avec le roi de Pologne, qui reprit Cracovie et obligea l'électeur de Brandebourg de reprendre son parti.

Pendant (pie le roi de Suède était battu de toutes parts, le général Douglas, Suédois, enleva le duc de Courlande, vassal du roi de Pologne, qui vivait dans une parfaite neutralité dans sa ville de Mittau, et il l'emmena prisonnier a Biga avec sa femme, sœur de l'électeur de Brandebourg, dont il avait voulu se venger par cette action.

Kufin le roi de Suède mourut au mois de février 1660, après la défaite de son armée. Les tuteurs de Charles XI, son fils, résolurent de faire la paix ; elle fut conclue au monastère d'Oliva, près de Danlzig. le 30 mai 1660, par l'entremise du sieur de Lombres, au nom du roi de Krance.

J'ai déjà parlé des articles qui concernent l'empereur et l'électeur de Brandebourg, je ne marquerai présentement que ceux qui regardent la Pologne.

Par ce traité le roi de Pologne renonça tant pour lui que pour ses héritiers à ses droits sur la Suède et sur les provinces qui en dépendent; et néanmoins on convint qu'il pourrait en porterie titre sa vie durant et en mettre les armes dans son sceau, hormis lorsqu'il écrirait en Suède. En second lieu la Pologne el la Lithuanie cédèrent

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