‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 30 sur 269 · Le 26 de novembre · texte numérisé non relu

Le 26 de novembre

5. Ce fut en vertu de cette cession, que, quelques jours après la consommation de ce mariage, les princes de Salerne et de Melfe, et plusieurs autres barons angevins, c'est-à-dire ceux qui avaient tenu le parti des rois de Naples, de la maison d'Anjou, contre les rois do la maison d'Aragon, rendirent hommage et prêtèrent le serment de fidélité pour eux et pour les autres barons absents, à Ferdinand et à Germaine, comme aux véritable» et légitimes rois de Naples. ( Mariana. chap. x\u du liv. XXVIII de son Histoire d'Espagne.)

tout retournerait k la couronne de France si elle devenait veuve et qu'elle n'eût point d'enfants1. Ainsi Louis XII termina par un contrat de mariage une querelle qui n'aurait jamais pris fin par la voie de tous les traités de paix qu'il eût pu faire avec un prince qui faisait trophée de sa perfidie; témoin ce qu'il répliqua au secrétaire Ouintana, qui, à son retour de France, lui rapportait que le roi Louis se plaignait d'avoir été trompé deux fois par lui : u Deux fois, reprit-il , par Dieu ! il a « bien menti, l'ivrogne, je l'ai trompé plus de dix*. » Cependant don Juan Antonio de Vera. qui. au reste, est un historien très-judicieux, n'a pas laissé de dire que jamais prince ne sut si bien accorder la loi de Dieu avec la raison d'Ktat, et que Ferdinand fut aussi lidèle disciple de l'une qu'excellent maître en l'autre».

Au reste, tout fin et habile qu'était Ferdinand, qui épousait Germaine en vue de succéder au droit (pie Gaston de Foix. son frère unique, avait sur la .Navarre, au cas que ce jeune prince tout martial fût tué a la guerre, ainsi qu'il arriva depuis à la bataille de Ravenne, Louis XII fut encore plus fin que lui dans la négociation de la paix de Blois. en vertu de laquelle se fit ce mariage; car étant dit que le royaume de Naples retournerait au roi de France si la n ine Germaine demeurait veuve et sans enfants4, selon toutes les apparences il était

I. Ce traité fut confirmé parles deux rois en L">o7, (tans la conférence qu'ils eurent ensemble à Savone, où Ferdinand vint trouver Louis, ainsi qu'il se pratique d'ordinaire entre princes inégaux. Le Nardi parle de celte entres ue fort à la gloire de Louis XII, dans le quatrième livre de son Histoire de Florence , et Guicbardin fort à l'avantage de Ferdinand, dans le livre septième de la sienne. Au contraire, un critique italien en railla les deux rois par une pasquinade, où il demandait lequel avait été le plus fou des deux, de Ferdinand . qui s'était mis entre les mains de Louis, qu'il avait si souvent offensé, ou de Louis, qui ne s'était pus saisi de .-a personne, et qui avait ainsi perdu l'occasion de recouvrer le royaume de Naples.

t. Don Juan Vitrian ajoute, par une espèce d'approbation : Y à fe rrco, qua decia verdad; c'est-à-dire : a Et par ma foi je crois qu'il disait \rai. » i Cbap. xlviii de son Cantines, note y.)

Page 1