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5. Philippe IV fut le premier qui reconnut en 4649 la république d'Angleterre et Cromwell, et, par une espèce de faiblesse héréditaire, Charles II a été le premier à reconnaître le prince d'Orange pour légitime roi d'Angleterre.

« nature, pour faire recevoir à la Porte, en qualité d'ambassadeur, « Noger de.Marillan, Milanais, jusqu'à corrompre nos ambassadeurs « et nos consuls, pour y réussir. Véritablement, c'est un prince infi- « dèle, mais tout infidèle et païen qu'il est, il vit en paix avec les « Français et ne leur fait aucun mal; au contraire, il fait la guerre a « ceux qui la font à la France. D'autres princes que les rois trèsci chrétiens ont cultivé l'amitié de la maison ottomane1; ceux même « de la maison d'Autriche l'ont recherchée et la recherchent encore « aujourd'hui2, et accepteraient la paix toutes les fois que le Turc la « leur voudrait donner. Et d'ailleurs nos rois ne se sont jamais préci valus de cette alliance que pour le soulagement et la conservation « des chrétiens5 qui sont en ces pays-là; et les papes les ont souvent « remerciés des bons offices que leurs ambassadeurs à la Porte avaient « faits en faveur de plusieurs évêques que la cour de Rome y avait « envoyés; et d'une infinité de chrétiens de toutes les nations, qui sans « cela auraient été opprimés et massacrés en divers endroits de « l'Orient. Enfin, il n'est point défendu d'avoir la paix avec les infi- « dèles, pourvu qu'on ne participe point à leur infidélité. »

\. Témoin les républiques de Pologne et de Venise, toutes deux très-chrétiennes. Il est même constant qu'une des plus fortes raisons pourquoi les Polonais préférèrent le «lue d'Anjou à l'archiduc Ernest et au roi de Suéde, ses com|>eliteurs, fut l'ancienne alliance de la maison des Valois avec les princes ottomans. « Paxcum Tun is tutiorsperabatur, » dit André Frcdro, « ob fadera, qu?c domui Valesiorum cum lits gentibus antiquitùs intercedebant. » ( In lienrico /•, rege l'oltmiœ. )

2. En I3'J8, il y avait à Constantinople un juif qui négociait au nom de Philippe II avec la Porte, comme lo marque M. d'Ossat dans sa lettre CXXX, circonstance d'autant plus remarquable que ce roi, qui était si scrupuleux, ne faisait aucun scrupule de rechercher, quoique moribond, une alliance que son père el lui avaient toujours reprochée à nos rois comme une correspondance criminelle. ( Lettres I et LXXXVIII.)

3. « Nos rois, dit Jean de Montluc, n'ont ménagé l'amitié des Turcs que pour les rendre plus trailablcs envers les chrétiens captifs. Je puis alléguer lo frère du cardinal de Trente, plusieurs chevaliers de Malte et divers capitaines espagnols, qui avaient été pris en Afrique, lesquels rendront témoignage qu'ils ont recouvre leur liberté à la prière el recommandation do notre roi Charles IX. François \" m 'ayant envoyé ambassadeur à Constantinople, j'y conduisis l'ambassadeur de Charles-Quint et je le présentai au Grand Seigneur, do qui je lui IU obtenir, par le crédit de mon maître, one paix honorable pour la Hongrie, que Ferdinand, roi des Romains, était en grand danger de perdre. » [Dans la harangue qu'il (il aux Etats de Pologne pour faire élire roi le duc d'Anjou. )

SUR LES TRAITÉS DES PRINCES. IfjQ

— On trouvera dans ce recueil quantité de traités faits par nos rois avec la Hollande, mais comme ce ne serait jamais fait s'il fallait parler de tous, je parlerai seulement de deux ou trois des principaux, c'està-dire de ceux qui ont le plus de rapport à l'histoire de ce siècle, par les grands événements qu'ils y ont produits.

Le premier est la trêve entre le roi d'Espagne et les Provinces- Unies. Cette trêve fut l'ouvrage de la France et le salut de la Hollande, qui ne pouvait plus continuer une guerre qu'elle soutenait déjà depuis quarante ans. Cette nouvelle république avait grand besoin de la paix pour se mettre en état de ne plus retomber sous la domination des Espagnols. Épuisée d'argent et affaiblie par de longs travaux, elle ne pouvait se remettre et se fortifier que par cette voie. Cependant, le prince Maurice de Nassau ne demandait que la continuation de la guerre, en quoi il agissait conformément à ses intérêts. C'a toujours été la politique des généraux d'armée et des grands capitaines, surtout dans les républiques, d'entretenir la guerre le plus qu'ils ont pu, afin de se rendre nécessaires. Et comme Maurice avait le commandement des armées, il est visible que la guerre lui était plus avantageuse que la paix. Les Provinces-Unies étaient aussi résolues à continuer la guerre, si Henri IV voulait leur donner h millions par an ; mais l'humeur ménagère de ce prince, qui d'ailleurs voulait amasser de l'argent pour quelque haute entreprise qu'on dit qu'il projetait, lui fit préférer la gloire d'être l'arbitre d'une paix ou d'une trêve à toutes les considérations d'État, qui lui devaient faire entretenir la guerre pour donner cet os à ronger à ses ennemis. L'intérêt de Jacques, roi d'Angleterre, était aussi de la faire durer pour consumer les forces des Espagnols, dont la reine Elisabeth avait longtemps éprouvé la mauvaise volonté; mais comme il vivait en philosophe et dans une espèce d'indolence civile, il aima mieux prêter l'oreille à des propositions de paix qu'à toutes les raisons politiques de Maurice. Jean de Barneveld, le plus habile homme et le plus autorisé citoyen de sa république, acheva de déterminer ces deux rois à la trêve, à laquelle ils inclinaient déjà. De sorte qu'après plus de deux ans de négociation, durant lesquels on forma mille difficultés de part et d'autre , la trêve fut conclue à Anvers pour douze ans, et les États reconnus libres et

souverains, avec permission de trafiquer aux Indes1. Mais les Espagnols voulurent que cet article du commerce des Indes fût couché en termes ambigus et généraux, disant qu'il ne fallait point exprimer ce mot des Indes, comme étant trop odieux en Espagne, et qu'il devait suffire aux Hollandais que la trêve fût générale, sans exception de lieux ni de personnes2; outre que, si le roi d'Espagne consentait en termes exprès au commerce des Indes, les autres princes ses alliés lui en demanderaient autant 3. Mais la vraie cause pourquoi les députés des archiducs refusèrent toujours avec la même opiniâtreté d'accorder nommément la navigation des Indes, était pour contenter la vanité du roi d'Espagne et de son conseil, en lui donnant lieu de pouvoir dire qu'il n'y avait pas consenti, et de se servir môme de cette apparence envers les Portugais, qui lui faisaient de grandes instances pour Mer ce commerce aux Hollandais4. Au reste, ceux-ci se contentèrent de la promesse que firent les ambassadeurs de France et d'Angleterre, que les rois leurs maîtres seraient garants de la parole donnée par les députés des archiducs sur cet article, qui paraissait d'autant plus important que Philippe II, dans l'acte de la donation des Pays-Bas à l'infante Isabelle, sa fille aînée avait expressément excepté le commerce et la navigation des Indes, sous peine d'être privée, elle et l'archiduc Albert, son futur époux, de la possession desdits Pays-Bas, en cas de contravention5 : « Et ce fut peut-être cette clause, dit le Coloma6, qui réveilla l'attention des Hollandais, et qui leur fit prendre la résolution de participer aux richesses des Indes orientales et occidentales, en y établissant des facteurs et des bureaux, et en y bâtissant ensuite des forteresses, comme ils ont fait depuis la trêve , au grand détriment des Espagnols et des Portugais.

Au reste, cet article si longtemps débattu fut conclu en ces

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