‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 59 sur 269 · Anselme-Casimir do Wambolt · texte numérisé non relu

Anselme-Casimir do Wambolt

SUR LES TRAITÉS DES PRINCES. Ift7

« d'elle, comme il avait fait auparavant , si elle en voulait tenir un « auprès de lui1; que Charles-Quint était celui qui avait appris au « roi de France et aux autres princes à céder à la nécessité des « affaires en faisant Y intérim; que son fils, qui passait pour archi- « catholique, et qu'on disait soutenir l'Église, ainsi qu'Atlas soutient « le ciel, tolérait dans ses royaumes de Valence et de Grenade le « mahométisme, et faisait offrir aux hérétiques des Pays-Bas l'exer- « cice libre de leur religion prétenduo, s'ils voulaient retourner sous « son obéissance2. » Herrera, qui avait pension de Philippe II pour écrire son histoire, dit que l'archiduc Maximilien perdit l'estime et l'affection des Polonais, qui l'avaient élu roi, pour avoir accordé la liberté de conscience aux protestants du royaume lorsqu'il y entra, ajoutant que tout le monde attribua à celte faute le malheur qu'il eut d'être fait prisonnier par le roi Sigisiaond son concurrent, et d'être contraint de renoncer à cette couronne pour être mis en liberté*.

Quoi qu'il en soit, si les Espagnols voulaient douter et faire douter les autres nations catholiques de la sincérité de la conversion d'Henri IV, parce que depuis son abjuration il avait toujours persisté dans l'amitié de la reine d'Angleterre , et que depuis l'absolution obtenue du pape il n'avait pas fait scrupule de recevoir avec cérémonie publique l'ordre de la Jarretière4, que veulent -ils que nous pensions aujourd'hui de la maison d'Autriche , qui s'est liguée ouvertement avec le plus grand ennemi de la religion catholique5.

Quant aux reproches que cette maison fait depuis longtemps a nos rois, d'avoir toujours entretenu correspondance avec les Ottomans : « Je sais bien, dit encore M. d'Ossat, que les Espagnols ont mal parlé « de cette intelligence; mais je sais bien aussi qu'elle ne leur a point « été si odieuse, qu'ils ne l'aient recherchée eux-mêmes. Et depuis « deux ou trois ans, le roi Philippe II a mis tous ces cinq sens de

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