Livre XI des Guerres de Flandre
termes : « Les sujets et vassaux de messieurs les États jouiront dans tous les pays, terres, seigneuries et domaines du roi d'Espagne et des archiducs, de la même liberté et franchise qui a été accordée aux sujets du roi de la Grande-Bretagne, en vertu du traité de paix fait avec lui en I6O/1, conformément aux articles secrets qui ont été arrêtés et conclus à Londres avec don Juan de Velasco, connétable de Castille*. » Mais dans le traité de paix que les Étals généraux conclurent en 1648 à Munster avec le comte de Pegnaranda, plénipotentiaire d'Espagne, la navigation des Indes orientales et occidentales leur fut accordée en termes formels et positifs. Navigatioet commercia in orientait, in occidentali fndiis conserventur, ju.vtà privilégia in eum finem jam data, vel deinceps danda : et ad majorent ejus securi totem serviat prœsens traclatus, et ratificatio hinc indè super eo producenda. (Art. 5.)
Il est à remarquer que le premier instrument de la trêve d'Anvers fut un cordelier2 flamand, qui en fit l'ouverture à un marchand hollandais de ses amis, et lequel ensuite fut un des députés des archiducs Albert et Isabelle. De sorte que, dans l'espace de dix ans, deux cordeliers eurent l'honneur d'avoir part à deux des plus importantes négociations de la chrétienté, savoir : Bonaventura Calatagirone à la paix de Vervins, et Neyen à la trêve des Pays-Bas. Et cela montre qu'il est quelquefois très-utile aux princes de se servir de personnes inconnues, ou du moins, qui n'ont aucun caractère public pour entamer des négociations épineuses, où l'on veut avoir la liberté de se dédire, et de désavouer ceux qui ont porté la parole lorsque la proposition n'a pas réussi. C'était la politique de Ferdinand, roi d'Aragon, dit le catholique, et la maison d'Autriche, qui a hérité de ses États et de ses maximes, s'en est souvent bien trouvée. L'accommodement du même Ferdinand avec l'empereur Maximilien, qui prétendait avoir la régence des États de Castille durant la minorité de Charles, son petit-fils, fut traité tête à tête avec ce roi, par un gentilhomme3 de