ENTRE LES PUISSANCES DE L'EUROPE
Il n'est pas nécessaire de s'étendre dans cette préface sur les avantages et la nécessité des traités de paix, qu'on regarde avec raison comme les fondements de la foi publique et de la sûreté des peuples. Il est vrai qu'un ancien politique a bien osé dire qu'on trompe les hommes par ces traités1, de môme qu'on amuse les enfants avec des noix, et qu'un autre les a comparés aux toiles d'araignées, qui n'arrêtent que les mouches. Mais quoiqu'ils eussent peut-être raison de s'exprimer de la
[<. Le savant diplomate tient ici le langage du moraliste. Mais n'est-il pas des conjoncture* où la loi suprême de l'État, salux populi, peut entraîner un souverain à s'écarter des principes éternels et sacres que le droit naturel prescrit comme des régies inflexibles? Cette question a été traitée par un prince qui s'est plu à dévoiler les ressorts les plus secrets de la politique, et à orner >es récits de réflexions et de maximes justes et profondes. Voici comment s'explique Frédéric II : « La postérité verra peutêtre avec surprise dans ces Mémoires les récits de traités faits et rompus. Quoique ces exemples soient communs, cela ne justifierait point l'auteur de cet ouvrage, s'il n'avait d'autres raisons meilleures pour excuser sa conduite.
« L'intérêt de l'État doit servir do règle aux souverains. Les cas de rompre les