‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 94 sur 269 · LIVRE I. — CHAPITRE M · texte numérisé non relu

LIVRE I. — CHAPITRE M

de n'avoir pas le titre de reine, obligea l'électeur, son époux, d'accepter la couronne de Bohême, que lui offraient les Bohémiens révoltés contre leur roi légitime, l'empereur Ferdinand; mais Frédéric ayant perdu la bataille de Prague, le 8 novembre 1620, perdit en même temps non-seulement le royaume qu'il avait voulu envahir, mais aussi ses États patrimoniaux, que les Espagnols et Maximilien, duc de Bavière, occupèrent. Quoique le roi Jacques n'eût pas approuvé l'ambition de son gendre, il ne laissa pas de faire tons ses efforts pour le rétablir dans ses États héréditaires, et dans ce dessein il négocia une «issemhlée au mois de mars 1621, à Segeberg, dans le pays de Holstein. Ee roi de Danemark, beau-frère du roi Jacques, et tous ces autres princes s'y trouvèrent en personne ou par députés, et firent, suivant plusieurs auteurs, un traité secret par lequel ils s'obligèrent de secourir l'électeur palatin de vingt mille hommes de pied et. de six mille chevaux pour chasser les Espagnols du Palatinat. On régla aussi combien chacun des confédérés fournirait de troupes; néanmoins, on convint qu'avant toutes choses le roi de Danemark enverrait une ambassade à l'empereur en faveur de l'électeur, et il y a même apparence que c'est là tout ce qui fut résolu dans cette assemblée, car le roi de Danemark ayant envoyé cette ambassade, quoique l'empereur eût refusé de pardonner au palatin sous prétexte qu'il ne donnait point de signe d'un véritable repentir, aucun de ces princes ne prit les armes en sa faveur; si bien (pie l'Union protestante ayant été rompue, les Espagnols achevèrent de s'emparer du bas Palatinat, et le duc de Bavière du haut, et enfin l'empereur ôta h Frédéric la dignité électorale et la transféra au duc de Bavière.

Traité d'Avignon, entre les roi* de France, d'Angleterre et de Danemark, les Vénitiens, le duc de Savoie, les Provinces-Unies, les princes protestants d'Allemagne et Bethlem Gabor.

Plusieurs auteurs italiens et espagnols prétendent qu'au mois d'octobre 1623, des ambassadeurs des rois de France, d'Angleterre et de Danemark, de la république de Venise, des Provinces-lJnies.de

plusieurs princes protestants d'Allemagne, et de Bethlem Gabor, prince de Transylvanie, se rendirent à Avignon en habits de marchands, afin de n'être pas reconnus, et qu'ils y conclurent une ligue contre l'empereur et contre le roi d'Espagne pour la liberté de l'Italie, et la restitution du Palatinat et de la Valteline. Comme je réserve pour le quatrième livre tous les traités où les rois de France ont eu part , je parlerai plus amplement de celui-ci. et je rapporterai les raisons qui me font croire qu'il n'a jamais existé, et que le bruit qui en a couru n'a été fondé que sur ce qu'en 1022 le roi Louis MM. les Vénitiens et le duc de Savoie projetèrent à Avignon une ligue pour le recouvrement de la Valteline, qu'ils conclurent l'année suivante a Paris; néanmoins, comme plusieurs auteurs soutiennent la vérité de ce traité que les Français ont toujours désavoué . je ne laisse pas d'eu faire mention et de marquer (pie, suivant ces auteurs, le roi d'Angleterre s'était particulièrement chargé par ce traité d'envoyer des troupes dans les Pays-Bas au secours des Hollandais, et une Hotte sur les côtes d'Espagne, et que le roi de Danemark et les princes protestants d'Allemagne devaient porter la guerre dans l'empire pour le recouvrement du Palatinat.

Traitr <!>• Paris, entre le* rnU de France, d'Angleterre, de Oaneimirk et de SwMe, la république de Venise, le» Provinces-L nies et le dur de Savoie, pour la même fln.

Ce traité a aussi été passé, suivant plusieurs auteurs, à Paris, le 8 août 1624, dans le même temps que l'on y concluait le mariage de Charles, alors prince de Galles, avec madame Henriette de Fiance, et dans le même dessein de chasser les Espagnols du Palatinat et de la Valteline. .le marquerai ailleurs les principaux articles qu'on prétend avoir été résolus dans ce traité, et je rapporterai les raisons que j'ai encore de douter qu'il y en ait jamais eu ; il me sulht de dire ici (pie. suivant ceux qui nous en ont donné un extrait, le roi d'Angleterre s'y obligea d'envoyer une flotte de cent navires \ers Cadix, pour tâcher d'enlever la Hotte d'argent qui \enait des Indes; de fournir douze milles hommes de pied et deux mille chevaux pour le recouvrement du

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