‹ Répertoire diplomatiqueChapitre 95 sur 269 · LIVRE 1. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1. — CHAPITRE II

Palatinat , et de les entretenir a ses dépens jusqu'à ce que le Palatin fût rétabli.

Traité de La Haye, entre Charles I", Christian IV et 1m États généraux, pour une ligue

offensive et défensive (1025).

Le roi de France, les Vénitiens et le duc de Savoie avaient particulièrement à cœur de mettre les Espagnols hors de la Valteline, ce qui fut fait par le marquis de Creuvres en l'année 1624. Mais les choses demeurèrent au mémo état à l'égard du prince palatin jusqu'à la mort de Jacques VI . arrivée au commencement de l'année 1625. Charles I", son successeur, voulant pousser les choses plus loin, fit à la Haye, le 9 décembre 1625, un traité de ligue perpétuelle avec le roi de Danemark et les Ktats généraux pour empêcher, ainsi que le traité le porte, le progrès des oppressions qu'on faisait souffrir à divers princes d'Allemagne contre la teneur des édits de pacification, et pour rétablir la liberté des Ktats de l'empire; et afin d'en venir à bout, le roi de Danemark promit de se mettre en campagne avec une armée de vingt-huit à trente mille hommes de pied, et de sept à huit mille chevaux, pourvu que les alliés le secourussent, savoir, le roi de la Grande-Bretagne, de 300,000 florins par mois et d'une flotte pour faire diversion, et les Ktats généraux de 5,000 florins aussi par mois; et en cas que Christian fût attaqué, les Ktats promirent que, si leurs affaires le leur permettaient, ils feraient entrer en Allemagne un grand corps de cavalerie pour diviser les forces de leurs ennemis, qu'ils contribueraient leur part pour équiper la flotte de la Grande-Bretagne, et mettraient l'année suivante une puissante armée en campagne. Outre cela, les trois alliés convinrent qu'ils s'assisteraient mutuellement s'ils étaient attaqués dans leurs Ktats, qu'ils ne recevraient point de proposition de l'ennemi, et n'y répondraient que d'un commun consentement, qu'ils inviteraient les rois de Fiance et de Suède d'entrer dans cette alliance, et de contribuer aux frais de cette guerre suivant leurs offres, qu'ils feraient les mêmes instances auprès de la république de Venise, du duc de Savoie, des princes d'Allemagne et du prince de

Transylvanie, et enfin que cette alliance n'apporterait aucune innovation dans le traité particulier entre le roi de la Grande-Bretagne et les États généraux.

11 me semble que 1rs rois d'Angleterre et de Danemark, et les États généraux, convenant par ce traité d'inviter les rois de France et de Suède, les Vénitiens, le duc de Savoie et le prince de Transylvanie d'entrer en alliance avec eux pour le recouvrement du Palalinat , cela fait assez connaître que les traités d'Avignon et de Paris n'avaient point été conclus, et qu'on avait seulement proposé de faire cette grande ligue contre la maison d'Autriche. Il eût été inutile de la projeter en 1625, si elle avait été déjà faite.

Quoi qu'il en soit, ce fut en conséquence de ce traité que le roi de Danemark déclara la guerre à l'empereur. Le colonel Morgan lui mena, en 1627, cinquante compagnies anglaises, et les KtaLs généraux lui envoyèrent aussi des troupes en la même année et furent fort exacts à lui payer les subsides qu'ils lui avaient promis ; mais le roi d'Angleterre, s'étant embarrassé dans la guerre contre la France, ne put payer au roi de Danemark ceux auxquels il s'était obligé. Ainsi ce prince, qui eut d'ailleurs la fortune fort contraire dans ses entreprises, fut enfin heureux que l'empereur lui voulût bien accorder la paix aux conditions auxquelles elle fut conclue entre ces deux princes dans la ville de Lubeck.

Traité entre Charles I" et Christian IV. pour une ligue, en 16W.

Le roi de Danemark, voyant que les Ktals généraux s'opposaient à l'augmentation qu'il avait faite du péage du Sund, et qu'ils se disposaient à lui faire la guerre pour ce sujet, fit en 16ft0 une alliance avec le roi d'Angleterre ; mais elle fut sans eiïet, le roi de Danemark s'étant accommodé l'année suivante avec les Ftats généraux; et quand il ne l'aurait pas fait, le roi d'Angleterre était tellement occupé de ses propres affaires qu'il n'était pas en état de songer à celles des autres.

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