LIVRE I. — CHAPITRE II
mark, et à condition qu'ils le satisfissent de ses prétentions, et qu'ils le remissent dans son péage du Sund. comme il était avant l'an 1648, avec pouvoir de le régler ainsi que bon lui semblerait, en sorte néanmoins qu'après les cinq années ci-dessus, les Anglais ne payeraient pas davantage de péage qu'à présent; que les rois de France et de Suède pourraient entrer dans cette ligue, et comme le roi de Danemark n'entrait lui-même dans cette ligue que dans l'espérance que le roi de Suède y entrerait aussi , parce que le Danois pouvait craindre que les Suédois lui fissent la guerre pendant qu'il serait attaqué d'autre côté par les États généraux, ils convinrent qu'ils ne seraient point tenus à toutes les clauses ci-dessus, si le roi de Suède ne se déclarait pas ouvertement par écrit contre les États généraux, et ne s'engageait à ne faire avec eux ni paix ni trêve sans le consentement des rois de la Grande-Bretagne ef de Danemark.
Cette condition fut cause que ce traité n'eut aucune suite, le roi de Suède n'ayant point voulu entreprendre la guerre contre les États généraux; et il arriva même dans la suite que les États généraux ayant donné satisfaction au roi de Danemark, il se ligua avec eux contre le roi d'Angleterre.
Traité do paix de Broda, entre les mCrnc* puissance» ( 1G07 ).
Le roi d'Angleterre se tint tellement offensé de ce changement du roi de Danemark qu'il lui déclara le premier la guerre au mois d'octobre 1G6G, et fit publier un manifeste pour faire connaître à tout le monde les raisons qu'il avait de se plaindre du procédé de ce roi. Le roi d'Angleterre était même si animé contre lui que, lorsque celui de Suède s'entremit pour procurer la paix entre les puissances qui étaient en guerre, il eut de la peine a se résoudre de faire la paix avec le Danemark ; néanmoins, comme le roi de France et les Ktats généraux ne voulaient point consentir à la paix sans y comprendre le roi de Danemark, le roi d'Angleterre fut obligé de faire aussi la paix avec lui. Elle fut donc conclue à Breda par la médiation du roi de Suède, le 31 juillet 1667.
Par ce traité les deux rois convinrent de rétablir la paix entre eux et leurs États, de rechercher l'avantage l'un de l'autre et de permettre la liberté de la navigation et du commerce entre leurs sujets; que les hostilités cesseraient entre eux dans les mers Septentrionale et Baltique et dans le Canal après vingt jours, depuis le Canal jusqu'au cap Saint-Vincent après six semaines, dans la Méditerranée et dans l'Océan en deçà de la ligne équinoxiale après dix semaines, et au delà de cette ligne huit mois après la publication de la paix à Breda; qu'il y aurait amnistie de toutes lus offenses et dommages faits de part et d'autre, et particulièrement de l'attaque et défense faites à Berghe et dans la Norvège ; que ce que le roi de Danemark avait reçu de la confiscation des effets des sujets du roi de la Grande-Bretagne avant le 2Û mai, lui demeurerait, et (pi on ne pourrait inquiéter les débiteurs des Anglais qui auraient payé, mais que les Anglais se pourraient faire payer de ce qui leur était encore dû , excepté d'environ 120,000 écus employés à un secours que le feu roi d'Angleterre avait fait venir d'Allemagne lorsqu'il faisait la guerre au parlement d'Angleterre, et pour lesquels Christian IV, rui de Danemark avait répondu à des marchands anglais Iraliquants à Hambourg : car on convint que cette dette demeurerait éteinte, et (pie ces marchands anglais ne pourraient point inquiéter le roi de Danemark pour ce sujet; que les prises des navires <'t marchandises faites de part et d'autre seraient compensées; qu'on rendrait les biens immeubles confisqués à ceux auxquels ils appartenaient avant la guerre; et enfin que les îles, places et autres lieux pris de part et d'autre en Europe ou hors de l'Europe seraient rendus à celui des deux rois qui les possédait avant la rupture. Les ambassadeurs de Danemark demandèrent avec grande instance la restitution des îles Orcades et de Schetlaud, qu'ils prétendirent avoir été autrefois engagées pour une certaine somme aux rois d'Ecosse par les rois de Norvège, à condition qu'en rendant cet argent, les rois d'Écosse leur rendraient leurs lies; mais comme les ambassadeurs anglais déclarèrent n'avoir point d'instruction sur ce sujet, et que las Suédois et les Hollandais remontrèrent aux Danois que cette affaire n'avait aucune relation avec les traités en question, ils se désistèrent de leur prétention, moyennant que cela ne fit point de préjudice