ACTE I, SCÈNE IV
MAKTHON.
Cardez-vous bien , madame , de rien précipiter là-dessus. Vertu de ma vie ! ce ne sont point ici des bagatelles. Vous iriez prendre quelque brutal de provincial , peut-être , qui nous taillerait de la besogne. Eh! ne vous mariez point, madame, sans avoir bien examiné celui que vous choisirez. Brutal pour brutal , j'aime mieux un oncle qu'un mari.
CIBALISE.
Il faudra que je sois bien assurée de la complaisance de celui qui me déterminera au mariage.
MARTHON.
Vous parlez en femme de bon sens. Un choix bon ou mauvais est excusable la première fois; la curiosité peut faire faire bien des choses: mais, la seconde, il faut d'autres raisons que la curiosité.
cidalise. #
Ah ! je sais trop ce qu'il m'en a coûté pour avoir obéi aveuglément.
MARTHON.
Dans les sentiments où je vous vois, monsieur Durcet est celui qu'il vous faut.
Et sur quoi juges-lu cela, Marthon ?
MAHTWOK.
Sur le grand attachement qae vous avefc pour
la liberté.
GIDALI8-E.
Monsieur Durcet est on fort honnête homme s mais, ma pauvre Marthon, je n'aima point le» gens de robe.
MiRTlOK.
Je ne irons en partais que pour cette liberté qni tous est si précieuse. S'il découvre vos sentiments, il se pendra, madame, assurément. Il est vrai que vous ne le traitez pas pb»s> mal <p*e> les autres, à qui vous promettez la même chose* cidalise. '
Tant que mon procès durera, dont il est rapporteur, je me garderai bien de le désabuser.
MARTHOS.
J'ai ouï dire que c'étoit un homme admirablepour les procès désespérés. Mais , madame, monsieur Basset n'est point homme de robe ; c'est un de ceux que vous flattez aussi de la même espérance.
Il n'est pas gentilhomme seulement.
mautboh.
Gomment, madame, vous- moquez^Toos? Son père et lui ne sont-ils pas dans les affaires?