SCÈNE VII
MARTHON.
S'il ne tient qu'à dire à Éraste qu'on ne veut plus le voir, la chose n'est pas difficile ; ou , si le maître ne vient point , en instruire le valet, cela est fort aisé. A l'égard de ce qu'il faut remettre entre les mains de l'un ou de l'autre, il y a bien des choses à dire là-dessus. Pour la bague, Éraste me la donnerait sans doute. Pour ce miroir, je n' aurois qu'à le lui demander. Je serais bien ingrate de ne pas garder le portrait d'un homme qui me veut tant de bien.
i8o LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
SGÈNE VIIL
PASQUIN, MARTHON.
P&&QTTIN.
Bonjour, Marthon.
HiRfttOK.
Bonjour.
Bonjour.
PA.SQTJIN.
MARTHON.
Eh bien! bonjour, bonjour. N'as -tu que cela à me dire? Te voilà bien effaré?
PA8QUIft.
Oui, vraiment, je le suis. Tu parles bien à ton aise. Vois-tu, quand on est amoureux...
MARTHON.
Toi amoureux?
pabquiw.
Moi amoureux? Non* je me donne au diable. Je ne veux point devenir fou comme mon maître ; je veux dormir, boire , et manger : ces choses si utiles à la vie sont les choses dont on parle le moins chez nous. Au diantre soit l'amour! Tiens, tiens , voilà une lettre pour ta maîtresse ; je crois qu'elle n'en sera pas aussi contente que des autres.