SCÈNE IL
CIDALISE, ÉRASTE, MARTHON, PASQUIN, LE COMTE, LUGILE, LE PETIT CHEVALIER.
CIDALI8E.
Ah, Éraste ! je vais vous dire adieu.
Que dites-vous ?
Oui , je vous dis adieu ; et c'est vous qui en êtes la cause.
ÉftASTE.
Moi?
Oui, vous. Les honnêtetés que vous fîtes à ma tante, les premiers jours que vous vîntes ici, et qu'elle prit pour les commencements d'une grande passion , l'ont déterminée à ce que vous voyez aujourd'hui.
A quoi donc, madame?
A m'éloigner, pour ne plus trouver d'obstacles à sa tendresse.
3ot LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
ÉltASTE.
Ah ! si elle se flatte par là de me rendre sensible...
CIDALI8E.
N'en parlons pins, me voilà résolue atout.
ÉRASTB.
A quoi donc , madame?
GtDALl8fi.
A partir demain.
ÉBA8TE.
Quoi ! madame , je ne tous verrai plus?
CTDALISE.
Je suis la plus à plaindre, Éraste. On trouve ici de quoi dissiper ses chagrins ; mille plaisirs, qu'on ne peut éviter, consolent de n'être pas auprès de ce qu'on aime , et bien souvent une conquête nouvelle ne vous en laisse pas le moindre souvenir: mais moi qui vais passer une année entière à la campagne , que la plus belle saison ne pourrait me rendre agréable, qui, pour objets les plus plaisants. .. Ah ! je vous prie , laissez» moi m' étourdir là-dessus; les réflexions ine tuent. J'ai encore une nuit à demeurer ici, je veux en employer tous les moments à désespérer mon oncle et ma tante.
MARTHOU.
Bon cela.