‹ Répertoire du théâtre français (volume 2)Chapitre 207 sur 514 · ACTE I, SCENE II. 33c · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II. 33c

Coudre et filer faisoit son occupation.

Le travail de ses iriains, de son fil, de sa laine, A ses besoins pressants ne suffisoit qu'à peine. On pubKoit paf-tout sa vertu, sa pudeur : Tout ce qu'on m'en disoit me perçoit jusqu'au cœur; Et je cherchois déjà comment je pour rois faire Pour soulager, sous main , l'excès de sa misère. Mais sitôt qu'à ses yeux brillèrent les amants , Elle ne garda plus tant de ménagements. Comme l'esprit, toujours ennemi de la peints, Se porte du travail où le plaisir le mène, Elle donna chez elle à jouer nuit et jour. Parmi les jeunes gens qui lui Faisoient la cour, Ceux qui pour la servir montraient le plus de zèle Obligèrent mon fils à l'aller voir chez elle. Sitôt que je le sus, en moi-même je dis : Pour le coup, c'en est fait; on le tient , il est pris. J'attendois le matin leurs valets au passage, Qui , tour-à-tour, rôdoient dans tout le voisinage. J'en appelois quelqu'un. Je lui disois : Mon (ils , Nomme-moi tous les gens qui sont avec Chrysis. Chrysis est proprement le nom de l'héroïne.

sosie.

Ah ! je n'entends que trop ! je fais plus, je devine.

SIMON

Je ne me souviens plus moi-même où j'en étois.

SOSIE

Vous appeliez...

SIMON, l'interrompant.

J'y suis. Je priois, promettois.

33a L'ANDRIENNE.

Phèdre, me disoit l'un, Nicéraie, Clinie,

Ces jeunes gens, tons trois, Faimoient pins que leur vie.

Et Pamphile? Pamphile, assis près «Ton grand feu,

Par complaisance attend qu'on ait fini le jeu.

Je m'en réjonissois. Les jours suivants sans cesse

Je revenois vers eux et leur raisois largesse ,

Pour savoir comme en tout mon fils se conduisent.

Je n'eusse osé penser le bien qu'on m'en disoit.

Plusieurs fois, éprouvé de la même manière ,

Je crus pouvoir en lui preudre assurance entière;

Car celui qui s'expose et qui revient vainqueur

Gagne la confiance et s'attire le cœur.

D'ailleurs, de tous côtés, je dis le plus farouche,

îTosoit sans le louer même en ouvrir la bouche :

D'une commune voix j'entendois mes amis

Qui me felicitoient d'avoir un si bon fils.

Que te dirois-je enfin? Chrêmes, rempli de zélé»

Me vient offrir sa fille et sou bien avec elle;

Pour épouser mon fils , au moins, cela s'entend.

J'approuve , je promets , et ce jour-ci se prend.

SOSIE

A leur bonheur commun quel obstacle s'oppose ?

SIMON

Patience : un moment t'instruira de la chose. Lorsque Chrêmes et moi nous mettions tout d'accord , De Chrysis, tout-à-coup, nous apprenons la mort.

SOSIE

Où quelle soit, monsieur, pour dieu, qu'elle s'y tienne! Je n'ai jamais rien craint tant que cette Andrie&ne.

Page 1