ACTE I, SCÈNE II
SIMON
Oui, difficile, Frontin, et phis difficile que tti ne crois.
FRONTIN
Pécore i
siMOTi.
Tiens, déjà dans l'hôtellerie où tu m'as mis ep attendant que ton maître me prenne, j'ai voulu faire le muet pou» m'exercer; je m'y attrape à tous moments.
FRONTIN
Butor l
SIMON
Hier, l'hôte demandoit la clef de la cave à tous ses gens ; je ne pus m'empècher de l'aller quérir moi-même.
FRONTIN
Ivrogne !
SIMON
Ce matin encore , une servante m'a surpris comptant le» heures, paroeque j'avois envie de dîner.
Gourmand !
SIMON
Si tu savois ce que c'est d'avoir parlé toute sa vie, et puis tout-à-coup ne parler plus!
FRONTIH.
Il est vrai que le public y perdra beaucoup , et que tu as de belles choses à dire.
SIMON
Oh! franchement, tu devrais faire entendre à ton maître qu'il serait* mieux servi d'un garçon qui parlerait.
FBONTIN.
Ah! voici tes sots raisonnements de l'autre jour! Eh! ne t'ai-je pas dit que Timante s'est mis en tête d'avoir un muet; qu'il y a huit jours que je lui en cherchois un ; que , n'en trouvant point, je me suis avisé de me servir de toi, à cause que tu es nouveau débarqué de Sicile, et que personne ne te connaît encore dans Naples; qu'enfin , par son ordre , je t'ai fait faire l'habit que tu portes ?
SIMON
Morbleu! je vais peut-être m' attirer quelque malheur. Je ne sais. ce qae c'est, mais l'argent que tu m'as promis ne me tente pas comme il a accoutumé de me tenter; et faire le muet enfin est un personnage auquel j'ai trop de peine à me résoudre.