CTE I, SCÈNE II
«vois le sens commun. Entre nous, les choses, dont tu m'as fait confidence t'ont fait venir de ton pays ; et les bijoux que je t'ai aidé à vendre ici chez les orfèvres ne disent rien de bon pour toi. Ainsi, quoique ta fausse barbe te déguise beau* coup, tu ne saurois mieux te cacher qu'en faisant le muet, et en changeant d'habit comme tu as fait de nom.
8IMON.
Mais changer de nom et d'habit sont des choses, plus aisées à faire que de s'accoutumer à s'expliquer par signes.
PROKTIH.
Ah! mon enfant, de toutes les manières de s'énoncer, c'est la plus courte , la meilleure , et la moins ennuyeuse. Plût à Dieu que quantité de nos jeunes gens d'aujourd'hui voulussent la pratiquer, pour le repos de nos oreilles ! Vois-tu, les. signes ont cela d'excellent, ils sont comme les. choses , ils disent tout ce que l'on leur fait dire.
SIMON
Tout coup vaille, m'y voilà déterminé.
FRONTIN
Courage! Çà, tandis que nous voici seuls, repassons un peu les leçons que je t'ai données.
SIMOH.
Je le veux.
■ 3o LE MUET.
rmosTiB- Je te disois hier que ton maître le liimmiit seul an logi*- A faudra qu'à son retour tu rai fasses entendre par signes quelles sortes de gens l'auront demande : comprends- tu?
siMoa.
Fort bien.
FROHTIff.
Ah ! voyons un peu. Quand un homme de robe, un de nos sénateurs, par exemple, aura été au logis, comment le lui feras-tu entendre? (Simon copie un homme de robe. ) Fort bien, fort bien. Vive Simon! Et un homme d'épée, là, un cavalier d'un bel air? (Simon copie mal un homme d'épée. ) Fort mal, fort mal. Ge n'est pas ainsi que je t'ai dit. Fi ! on diroit à ton action que ce seroit un archer du prévôt qui Fauroit demandé, et non pas un homme de condition. Voici comment il t'y faut prendre. (// lui montre, et Simon l'imite.) Oui-da, oui-da; cela n'est pas déjà trop mal. Et lorsqu'une femme de qualité aura été au logis? Souviens-toi bien de oe que tu m'as vu faire ; je te l'ai montré. (Ce que Simon fait déplaît a Frontin. ) Oh! fi , fi ! Que diantre fais-tu ? Voilà des révérences de crieuses de vieux chapeaux. Regarde-moi bien ; remarque ces airs , ce penchant de tête, ce tour de corps. ( Frontin contre*