SCÈNE VI
FRONTIN
Adieu, ma déesse, (seul.) A ce que je viens d'entendre, la comtesse a dit vrai à Timante; et après ce que Marine vient de me dire, nous voilà, mon maître et moi, assez heureux dans nos amours. Cependant, du côté de l'intérêt, nos affaires vont fort mal. Il me doit mes gages de plus de dix ans; s'il est privé des biens de son père, adieu les travaux de ma jeunesse, Je ne voudrais
i66 LE MUET,
pour rien an monde avoir servi un maître déshérite'. Que pourrois-je imaginer pour engager notre héritier prétendu à faire quelque fredaine qui le brouillât avec son père? Mais par où diable l'attaquer ! Il est trop taciturne , et l'on ne sait comment s'insinuer avec les gens d'une humeur si extraordinaire. Eh, parbleu! le voici tout à propos.