ACTE »1II, SCÈNE IX. 2o
le barow, au marquis.
Voilà qui se rapporte à ce que le commandeur vient de me dire. -
FRONTIN
Vous voyez, monsieur, si je vous dis la vérité?
le marquis, au bkron.
Vous soupçonniez à1 tort ce garçon-là.
FRONTIN
Ah, monsieur! cela m'arme tous les jours.
LE BARON
Il faut tout-à-l'heure que j'aille chez la comtesse.
FROKTIH.
Attendez, monsieur, que je vous aie tout dit; et puis vous ferez ce qu'il vous plaira. LE baron.
As-tu parlé au chevalier?
FRONTIT*.
Oui, monsieur.
LE BAROTf.
Et que t'a-t-il dit?
■FROTrrnr.
Ah, monsieur! j'en ai le cœur si serré... je crois que j'en mourrai !
LE BAROtt.
Comment?
FflO'WTI-N.
Une parle point.
ao4 LE MUET.
LE B&BOK.
H ne parle point?
PRORTIW.
Non, monsieur.
LE BABOtt.
Est-il mort?
FBOBTIB.
Non, monsieur.
LE BARON
' Est-il malade?
FRONTlN.
Je ne sais.
LE BARON
D'où vient donc qu'il ne parle point?
FRONTIN
Je ne saurais dire , monsieur, si c'est qu'on ait jeté quelque sort sur lui, ou s'il seroit tombé dans une espèce de mélancolie; mais je n'ai pu l'obliger à me répondre que par signes.
LE BARON
Ab, ciel! quelle extravagance! L'amour lui auroit-il fait tourner l'esprit?
LE MARQUIS
Il y a là-dessous quelque mystère.
FRONTIN
Gela pourrait être, monsieur. Mais pourquoi ne se seroit-il pas ouvert à moi ? Je lui ai dit, pour