ACTE I, SCÈNE I. i6t
DAVIS
Souvenez-vous-en, madame, je vous prie.
MARTHON.
Allez, allez, monsieur, laissez-moi ce soin. Quelque plaisir qu'on ait d'être à madame, que ne feroit-on point pour ne vous plus voir? damis.
. Faites-la taire, madame; cela n'a point bon air du tout, croyez-moi,
Ce n'est pas elle , monsieur , que j'aurois le plus d'envie qui se tût.
MARTHON.
Oh ! par ma foi, je veux jouer de mon reste , et si je sors, au moins ne sera-ce point sans vous avoir dit ce que j'ai sur le cœur. Je voudrais bien savoir de quel droit tous vous érigez ici en pédagogue éternel. Madame ne sait-elle pas tout ce qu'elle doit faire ! Ah ! oui, vraiment, vous m'empêcheriez de voir du monde !
DAMIS
Mademoiselle Marthon , parlè-je à vous?
MARTHON.
Une femme veuve ne rend compte de ses actions à personne.
DAMIS
Voici de belles maximes !
i5a LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
MARTROK.
Je serai mariée quelque jour, peut-être...
DAMlB.
Madame , je vous prie...
MAifTHON.
Et je deviendrai veuve, s'il plaît à Dieu.
DAMIS
Faites-la retirer, du moins.
MARTHON.
Les oncles n'auront qu'à venir...
DAMIS
Encore ?
MABTBOS.
Le premier oncle qui viendra contrôler ma conduite...
DAMIS
Eh bien, madame ?
M ART H ON
Je le traiterai de fou , de* ridicule, d'extravagant, d'impertinent, de... Allez, allez, qu'il me vienne un oncle seulement, vous verrez ce que c'est qu'une nièce qui a de l'esprit. Adieu.