SCÈNE IL DAMIS, CIDALISE
DAHIt.
Vous avez beaucoup d'honneur de garder une telle insolente ! Mais laissons cela ; j'ai des choses plus importantes à vous faire savoir. Vous me pousserez à des extrémités dont je me repentirai peut-être.
Allez-vous recommencer?
DAMIS
- Gomment donc ! q n'est- ce à dire ceci?
Je rappellerai Marthon.
DAMIS
Perdez-vous l'esprit?
Si vous continuez, je ne doute point que cela n'arrive.
DAHIS.
Souhaitez que je continue. Il Vous importe que je prenne intérêt à votre conduite ; lorsque je l'abandonnerai toute à votre discrétion, défiezvous des suites, si elle* ne répond à mes intentions.
i64 LA COQUETTE ET LA FAUSSE PRUDE.
CIDALI8E.
Quel galimatias me faites-vous de ma conduite, des suites, de vos intentions? Que voulez -vous dire?
Il n'y a point de galimatias, madame; ce sont les sentiments de votre père et les miens, et voue entendez fort bien ce que je veux vous faire entendre. Vous, savez, je vous l'ai répété plus d'une fois, que le grand monde m'incommode: c'est ici le rendez-vous de. tous les fainéants de la cour et de la ville ; point de distinction, tout y est bien reçu ; et ce seroit un miracle de ne trouver pas tout à-la-fois, dans votre chambre, provinciaux, gens de robe , abbés , poètes, musiciens , et quelque fat de la cour , car il faut qu'il le aoit pour demeurer en si mauvaise compagnie. Il ne se dit . point de sottise à Paris que l'on n'ait faîte ou entendue chez vous. Vous croyez, par ce chaos, fermer les yeux à tout le monde : vous vous trompez; on démêle tout. Le comte, on le sait, ne vient vous voir que pour entretenir Julie, la marquise pour le chevalier, Angélique pour monsieur l'abbé. On sait aussi qu*Éraste, monsieur le conseiller, monsieur Basset le financier, n'y viennent que pour vous, et que vous les trompez tous trois. Eh! mariez-vous, madame, mariez-