‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 100 sur 520 · ACTE I, SCÈNE II. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE II. i

X). JUAN

Et quelle réponse as-tu faite?

SGANARELLE

Que vous ne m*en aviez rien dit,

D. JUAN

Mais encore , quelle est ta pensée là-dessUs ? Que t'ima^nes-tu d^ cette affaire ?

SOANARELLE.

Moi? je crois, sans vous faire tort, que vous avez quelque nouvel amour en tête.

D. JUAN

Tu le crois?

SOANARELLE.

Oui.

D. JUAN

Ma foi, tu ne te trompes pas; et je dois t'avouer qu*un autre objet a chassé Elvire de ma pensée.

SGANARELLB.

Hé ! mon dieu ! je sais mon don Juan sur le bout du doi{>^, et connois votre cœur pour le plus grand coureur du monde; il se plait à se promener de liens en liens, et naimè (][uèr^ à demeurer en place.

D. JUAN

Et ne trouves-tu pas, dis-moi, que j'ai raison d*en user de la sorte ?

i6o LE FESTIN DE PIERRE.

SGÀNARELLE.

Hé! monsieur...

D. JUAN

Quoi ? parle.

SGANARELLE

Assurément que vous avez raison , si vous le voulez; on ne peut pas aller là contre: mais, si vous ne le vouliez pas, ce seroit peut-écre une autre affaire.

< D. JUAN

Hé bien ! je te donne la liberté de parler, et de me dire tes sentiments.

SGANARELLE

En ce cas, monsieur, je vous dirai franchement que je n'approuve point votre méthode, et que je trouve fort vilain d'aimer de tous cètés comme vous faites.

Quoi ! tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne? La belle chose de voploir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux! Non, non : la constance n'est bonne que pour des ridicule»;

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