‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 110 sur 520 · ACTE il, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE il, SCÈNE I

PIERROT

Oh ! paii^enne ! sans nolis, il en avoit pour sa maine de fèves.

CHARLDTTS.

Est-il encore cheux toi tout nu, Piarrot?

PIERROT

Nannain, ib Tayont rhabillé tout devant nous. Mon ^^uieu ! je nen avois jamais vu s*hahit 1er. Que dliistoires et d'en^pngomiaux boutont €^s messieux-là les courtisans 1 Je me pardrôis là-dedans , pour moi ; et j'ëtois tout ëbobi de voir ça. Quien, Charlotte, ils avont des cheveux qui ne tenont point à leu tète ; et ils boutont ça , après tout, comme un ^eQ% bonnet de filasse. Ils ant des chemises qui ant des manches oùj'entrerions tout brandis toi et moi. En glieu d'haut-dechausse, ils portont un garde-robe aussi large que d'ici à Pâque; en ^ieu de pourpoint, de petites brassières qui ne leu venont pas jusqu'au bricket; et, en çlieu de rabat, un grand mouchoir de cou à résiau , aveuc quatre grosses houppes de linge qui leu pendont sur Testomaque. Us avont itpu d'autres petits rabats au bout des bras , et de grands entonnois de passement aux jambes , et, parmi tout ça, tant de rubans, tant de rubans, que c'est une vraie piquic : ignia pas jusqu'aux souUers qui n'en soyont farcis tout depis

un bout jusqu^à Tautre; et ils sont faits d'eune

façon <]Ue je me romprois le cou aveuc.

CHARLOTTE

Par ma fi, Piarrot, il faut que j'aille voir un peu ça.

PIERROT

Oh ! acoute un peu auparavant, Charlotte. J'ai queuque autre chose à te dire , moi.

' CHARLOTTE

Hë bian! dis ; qu'est-ce que c'est ?

PIERROT

Vois-tu, Charlotte, il faut, comme dit l'autre, queje débonde mon cœur. Je t'aime, tu le sais bian, et je sommes pour être mariés ensemble; mais, marguienne, je ne suis point satisfait de toi.

CHARLOTTE

Quement ! qu'est-ce que c'est donc qu'ij^lia ? ,

PIERROT

Jglia que lu me chagraines l'esprit, franchement.

CHARLOTTE

Et quement donc ?

PIERROT

Téliguienne ! tu ne m'aimes point.

CHARLOTTE

Ah! ahl n'est-ce que ça ?

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