ACTE II, SCÈNE II. i8J
que me donnoit le mauvais succès de notre entreprise. Il ne faut pas que ce cœur mVchappe ; et j'y ai déjà jeté des dispositions à ne pas me souffiir long-temps pousser des soupirs.
. SGAMAHELLE.
Monsieur , j'avoue que vous m'étonnez. A peine 'Sommes-nous échappés d'un péril de mort , qu'au lieu de rendre grâces au ciel de la pitié qu'il a daigné prendre de nous , vous travaillez tout de nouveavà attirer sa colère par vos fantaisies accoutumées et vos amours cr... ( Don Juan prend un ton menaçant, ) Paix! coquin que vous êtes ; vous ne savez ce que vous dites ; et monsieur sait ce qu'il fait. Allons.
D. JUAN, apercevant Charlotte,
Ah! ah! d'où sort cette autre paysanne, Sganarelle ? As-tu rien vu de plus joli ? et ne trouvestu pas, dis-moi, que celle-ci vaut bien l'autre?
S&AHARELLE.
Assurément. ( à part. ) Autre pièce nouvelle ! D. JUAM, à Charlotte,
D'où me vient , la belle , une rencontre si agréable? Quoi ! dans ces lieux champêtres, parmi ces arbres et ces rochers, on trouve des personnes faites comme vous êtes ?
CHARLOTTE
Vous voyez, monsieu.
i84 LE PESTIN de PIERRE.
D. JuXn.
ÉteS'irous de ce village ?
CHARLOTTE
Oui, monsieu.
D. JUAM.
Et vous y demeurez ?
CHARLOTTE
Oui , moDsieu.
D. JUAE.
Vous vous appelez ?
CHARLOTTE
Charlotte , pour vous sarvir.
D. JUAN
Ah! la belle personne! et que ses yeux sont pénétrants !
CHARLOTTE
Monsieu, vous me rendez toute honteuse.
D. JUAN
Ah ! n*ayez point de honte d'entendre dire vos vérités. S(yanarelle, quen dis->tu? Peut-on rien voir de plus agréable ? Tournez-vous un peu, s'il vous plait. Ah ! que cette taille est jolie ! Haussez un peu la tête , de (p*ace. Ah ! que ce visage est mignon ! Ouvrez vos yeux entièrement. Ah ! qu'ils sont beaux ! Que je voie un peu vos dents, je vous prie. Ah! qu'elles sont amoureuses, et ces lèvres appétissantes! Pour moi, je suis ravi, et