ACTE II, SCÈNE II
CHARLOTTE
Oui , pourvu que ma tante le veuille.
D. JUAir.
Touchez donc là, Charlotte, puisque vous le ▼oulez bien de votre part.
CHARLOTTE
Mais , au moins , monsieu , ne m' allez pas tromper, je vous prie : il y auroit de la conscience à TOUS ; et vous voyez comme j*y vais^àla bonne foi.
D. JUAir.
Gomment! il semble que vous doutiez encore de ma sincérité ! Voulez-vous que je fasse des sei^ ments épouvantables ? Que le ciel...
CHARLOTTE
Mon (^ieu ! ne jurez point , je vous crois.
D. JUAN
Donnez-moi donc un petit baiser, pour-ga(][e de votre parole.
CHARLOTTE
Oh ! monsieur , attendez que je soyons mariés , je vous prie : après ça , je vous baiserai tant que vous voudrez.
D. JUAN
Hé bien! belle Charlotte , je veux tout ce que vous voulez; abandonnez-moi seulement votre main, et souffrez que, par miUe baisers, je lui exprime le ravissement où je suis.
I90 LE FESTIN DE PIERaE.