ACTE I, S€ÈN£ III. a
Et pensez-vous , seigneur, puisqu'il me faut parler.
Qu'il eût eu, ce péril, de quoi tant m*ébranler ;
Que Tare et que le dard, pour moi si pleins de charmes ,
Ne soient entre mes mains que d'inutiles armes ;
Et que je fasse enfin mes plus fréquents emplois
De parcourir nos monts, nos plaines et nos bois,
Pour n'oser en chassant concevoir Tespérance
De s.uffire moi seule à ma propre défense ?
Certes, avec le temps, j'aurois bien profité
De ces soins assidus dont je fais vanité ,
S'il falloit que mon bras, dans une telle quête,
Ne pût pas triompher d'une chétive béte !
Du moins, si , pour prétendre à de sensibles coups,
JjC commun de mon sexe est trop mal avec vous,
D'un étage plus haut accordez-moi la gloire.
Et me faites tous deux cette ^race de croire ,
Seigneurs, que, quel que fût le sanglier d'aujourd'hui.
J'en ai mis bas, sans vous, de plus méchants que lui.
TJBÉOCXE.
Idais, madame....
Hé bien ! soit. Je vois que votre envie Esttle persuader que je vous dois la vie ; Ty consens. Oui , sans vous c'étoit fait de mes jours. Je rends de tout mon cœur grâce à ce grand secours ; Et je vais de ce pas au prince pour lui dire I^s bontés que pour moi votre amour vous inspire.