ARISTOMÈNE
Reprochez-vous , madame , à nos justes alarmes Ce péril dont tous deux avons sauvé vos charmes ? J'aurois pensé , pour moi , qu'abattre sous nos coups Ce sanglier qui portoit sa fureur jusqu'à vous Étoit une aventure , ignorant votre chasse , Dont à nos bons destins nous dussions rendre grâce ; Mais à cette froideur je connois clairement Que je dois concevoif un autre sentiment , Et quereller du sort la fatale puissance Qui me fait avoir part à ce qui vous ofBense.
THÉOCLB.
Pour moi , je tiens, madame, à sensible bonheur
L'action où pour vous a volé tout mon cœur.
Et ne puis consentir, malgré votre murmure,
A quereller le sort d'une telle aventure.
D'un objet odieux je sais que tout déplatt ;
Mais, dût votre courroux être plus grand qu'il n'est ,
C'est extrême plaisir, quand l'amour est exti'éme ,
De pouvoir d'un péril affranchir ce qu'on aime.