‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 210 sur 520 · ACTE I, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE L

Et donnez au procès une part de vos soins. i

ALCES'TE. j

Je n'en donnerai point, c'est une chose dite.

PHILINTE

' Mais qui voulez- vous donc qui pour vous sollicite ?

ALCESTE

Qui je veux ? La raison , mon bon droit , l'équité. jf

PHILaNTE.

Aucun juge par vous ne sera visité ?

f; ALCE«ZE. . ^

Non. Est-ce que ma cause est injuste ou douteuse ?

PHILINTE

J'en demeure d'accord : mais la brigue est fâcheuse , Et...

ALCESTE

Non, j'ai résoin de n'en pas faire un pas. ^ J'ai tort, ou j'ai raison.

PHILINTE

Ne vous y fiez pas.

ALCESTE

Je ne remuerai point. ^ ^

PHILINTE. I

Votre partie est forte, 3

Et peut, par sa cabale entraîner...

ALCESTE

Il n'importe.

PHILINTE

ALCESTE

Soit. J'en veux \oir le succès.

PHI LIN TE

Mais... -

ALCeSTE.

J'aurai le plaisir de perdre mon procès.

PHILINTE

Mais enfin...

ALCESTE

i Je verrai dans cette plaiderie

Si les hommes auront assez d'effronterie, Seront assez méchants, scélérats et pervers , Pour me faire injust^e aux yeux de l'univers.

PHILINTE

Quel homme !

ALCESTE

Je voudrois, m'en coûtât-il grand'chose, Pouria beauté du fait, avoir perdu ma cause.

«..M.ra.H».. PHILINTE. X

On se riroit de vous, Alceste, tout de bon, Si l'on vous entendoit parler de la façon.

I ALCESTE

f Tant pis pour qui riroit.

PHILINTE

Mais cette rectitude

Que vous voulez en tout avec exactitude ,

Cette pleine droiture où vous vous renfermez, (

La trouvez- vous ici dans ce que vous aimez ?

Je m'étonne , pour moi , qu'étant, comme il le semble, \ Vous et le genre humain si fort brouillés ensemble, I Malgré tout ce qui peut vous le rendre odieux, ^

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