‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 241 sur 520 · ACTE IV, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II

C*en est fait... Mou amour... Je oe saurois parler.

ÉLIANTE

Que votre esprit , un peu, tâche à se rappeler.

ALCESTE

O juste ciel ! faut-il qu'on joigne à tant de gi'aceâ Les vices odieux des âmes les plus basses !

ÉLIANTE

Mais encor, qui vous peut...

ALCESTE

, Ah ! tout est ruiné ; Je suis , je suis trahi , je suis assassiné ! Céliméne... eût-on pu croire cette nouvelle? Céliméne me trompe, et n'est qu'une inHdéle.

ÉLIANTE

Avez-vous , pour le croire, un juste fondement ?

PHILINTE

Peut-être est-ce un soupçon conçu légèrement ;

Et votre esprit jaloux prend, parfois, des chimères...

ALCESTE

Ah ! morbleu ! mêlez-vous , monsieur, de vos affaires.

( à Éliante. ) C'est de sa trahison n*étre que trop certain, Que l'avoir, dans ma poche, écrite de sa main. Oui, madame, une lettre écrite pour Oronte A produit à mes yeux ma disgrâce et sa honte ; Oronte, dont j'ai cru qu'elle fuyoit les soins, Et que de mes nvaux je redoutois le moins ! ^

PHÏLINTE.

, Une lettre peut bien tromper par l'ajUparence^ , Et n'est pas quelquefois si coupable qu'on pense.

ÂLCE6TB.

Monsieur, encore un coup, laissez-moi, s'il vous pla Et ne prenez souci que de votre intérêt.

BLIÂNTB.

Vous devez modérer vos transports ; et l'outrage...

ÂLCESTE.

Madame, c'est à vous. qu'appartient cet.ouvrage ; C'est à vous que mon cœur a recours aujourd'hui Pour pouvoir s'affranchir de son cuisant ennui. Vengez-moi d'une ingrate et perfide parente , Qui trahit lâchement une ardeur si constante ; Vengez-moi de ce trait qui doit vous faire horreur.

ÉLIANTE

Moi , vous venger ! comment ?

ALCESTE

En recevant mon cœur.

Acceptez-le , madame, au lieu de l'infidèle : -^ C'est par là que je puis prepdre vengeance d'elle $ Et je la veux punir par les sincères vœux , Par le profond amour, les soins respectueux, Les devoirs empressés et l'assidu service Dont ce cœur va vous faire un ardent sacrifice.

ÉLIANTE

Je compatis, sans doute, à Ce que vous souffrez , Et ne méprise point le cœur que vous m'offrez ; Mais peut-être le mal n'est pas si grand qu'on pense, Et vous pourrez quitter ce désir de vengeance. \ Lorsque l'injure part d'un objet plein d'appas ,

On fait force desseins qu'on n^exécute pas :

On a beau voir, pour rompre» une raison. puissant

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