‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 260 sur 520 · CÉLIMÈNE, ÉUANTE, ALCESTE, PHILINTE · texte numérisé non relu

CÉLIMÈNE, ÉUANTE, ALCESTE, PHILINTE

ALCESTE, à Célimène.

Hé bien ! je me suis tu malgré ce que je voi, Et j'ai laissé parler tout le monde avant moi. Ai-je pris sur moi-même un assez long empire ?

4i4 LE MISANTHROPE.

Et puis^j« maintenaot... ?

céLIMBlf E.

Oui , vous pouvez tout dire ;

Vous en êtes en droit, lorsque vous vous plaindrez ,

Et de me reprocher tout ce que vous voudrez.

J*ai tort, je le confesse, et mon ame confuse I Ne cherche à vous payer d'aucune vaine excuse. ' J'ai des autres ici méprisé le courroux ;

Mais je tombe d'accord de mon crime envers vous.

Votre ressentiment, sans doute, est raisonnable;

Je sais combien je dois vous paroitre coupable, \ Que toute chose dit que j'ai pu vous trahir, I Et qu'enfin vous avez sujet de me haïr.

Faites-le , j'y consens. *

ALCESTE

/Hé ! le pui8*je, traîtresse ?

Puis-je ainsi triompher de toute ma tendresse ? ' 7 Et, quoique avec ardeur je veuille vous haïr, \

Trouvê-je un cœur en moi tout prêt à m'obéir ?

( à Éliante el à PhiUnte. ) Vous voyez ce que peut une indigne tendresse , . ••. Et je vous fais tous deux témoins de ma foiblesse. ; Mais, à voiis dire vrai , ce n*est pas encor tout. Et vous allez me voir la pousser jusqu'au bout , ji> Montrer que c'est à tort que sages on nous nomme, Ji^t que dans tous les cœurs il est toujours de Fhomme. ( à Célimkne. ) Oui , je veux bien , perfide , oublier vos forfaits ; \

J'en saurai , dans mon ame, excuser tous les traits, \ Et me les couvrirai du nom d'une foiblesse

Page 1