ACTE V, SCÈNE Vil. 4i
Où le vice du temps porte votre jeunesse, Pourvu que votre cœuf veuille doDoer les mains Au dessein que j'ai fait de fuir tous les humains. Et que dans mon désert, où j'ai fait vœu de vivre, Vous soyez, sans tarder, résolue à me suivre. C^est par là seulement que , dans tous les esprits , Vous pouvez répafer le .mal de vos écrits. Et qu'après cet éclat qu'un noble cœur abhorre \
Il peut m' être permis de vous aimer encore.
célimène.
Moi , renoncer au monde avant que de vieillir ! ^
Et dans votre désert aller m'ensevelir !
ÂLCESTE. *-
Eh! s'il faut qu'à mes feux votre flamme réponde, Que vous doit importer tout le reste du monde ? Vos diesirs avec moi ne sont-ils pas contents? \
CÉI/IMÊNE. V
La solitude effraie une ame de vingt ans. '
Je ne sens point la mienne assez grande , assez forte. Pour me résoudre à prendre un dessein de la sorte. Si le don de ma main peut contenter vos vœux<, >
Je pourrai mé résoudre à serrer de tels nœuds, \
Et l'hymen... |
ALCESTE
Non: mon cœur à présent vous déteste ,^V Et ce refus lui seul fait plus que tout le reste. Puisque vous n'êtes point en des liens si doux , Pour trouver tout en moi, comme moi tout en vous , 5 Allez, je vous refuse ; et ce sensible outrage De vos indignes fers pour Rimais me dégage.
4i6 LE MISANTHROPE.