ÉLIANTE, ALCESTE, PHILINTE
ALCESTE, à Eliante.
I Madame , cent vertus ornent votre beauté ,
I Et je n'ai vu qu'en vous de la sincérité ;
Lj.De vous , depuis long-temps , je fais un cas extrême :
* Mais laissez-moi toujours vous estimer de même ; Et souffrez que mon cœur, dans ses troubles divers, Ne se présente point à l'honneur de vos fers : Je m'en sens trop indigne, et commence à connoitre Que le ciel pour ce nœud ne m'avait point fait naître, Que ce seroit pour vous un hommage trop bas Que le rebut d'un cœur qui ne vous valoit pas ; Et qu'enfin...
ÉLIANTE
« Vous pouvez suivre cette pensée : ' Ma main de se donner n'est pas embarrassée ; . L Et voiJà votre ami, sans trop m'inquiéter, ^ Qui, si je l'en priois, la pourroit accepter.
PHILINTE
Ah ! cet honneur, madame, est toute mon envie, Etj'y sacrifierois et mon sang et ma vie. •
ALCESTE
Puissiez-vous, pour goûter de vrais contentements, L'un pour l'autre à jamais garder ces sentiments ! . Trahi de toutes parts, accablé d'injustices. Je vais sortir d'un gouffre où triomphent les vices,