‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 30 sur 520 · LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE · texte numérisé non relu

LA PRINCESSE, AGLANTE, CYNTHIE

PHIUS.

CTHTHIE.

n est vrai , madame , qae ce jeane prince a fait ▼oir une adresse non commune , et <jae Tair dont il a paru a été quelque chose de surprenant. U sort vainqueur de cette course : mais je doute fort qu'il en sorte ayec le même cœur qu'il j a porté ; car enfin vous lui ayez tiré des traits dont il est difficile de se défendre ; et , sans parler de tout le reste , la grâce de yotre danse et la douceur de votre voix ont eu des charmes aujourd'hui à toucher les plus insensibles.

LA PBINCES8E.

Le voici qui s'entretient avec Moron , nous saurons un peu de quoi il lui parle. Ne rompon» point encore leur entretien, et prenons cette route pour revenir à leur rencontre.

S€ÈNE IL

EURYALE, ARBATE, MORON.

EURTALE.

Ah ! Moron , je te Tayoue , j'ai été enchanté, et jamais tant de charmes n*ont frappé tout ensemble mes yenx et mes oreilles. Elle est adorable en tout temps, il est vrai; mais ce moment Fa emporté sur tous les autres , et des grâces nouvelles ont redoublé Téclat de ses beautés. Jamais son visage ne s'est paré de plus vives couleurs, ni ses yeux ne se sont armés de traits plus vifs et plus perçants. La douceur de sa voix a voulu se faire paroître dans un air tout charmant qu elle a daigné chanter ; et les sons merveilleux qu'elle formoit passoient jusqu'au fond de mon ame , et tenoient tous mes sens dans un ravissement à ne pouvoir en revenir. Elle a fait éclater ensuite une disposition toute divine ; et ses pieds amoureux sur l'émail d'un tendre gazon traçoient d'aimables caractères qui m'enlevoient hors de moi-même , et m'attachoient par des nœuds invincibles aux doux et justes mouvements dont tout son corps suivoit les mouvements de l'harmonie. Enfin jamais ame n'a eu de plus puissantes émotions que la mienne ; et j'ai pensé plus de vingt fois oublier 3. 5

5o LA PRINCESSE IVÉLIDE.

ma résolation pour me jeter à ses pieds, et lai faire on avea siDcère de Fardeor que je sens pour elle.

MOROK

Domiez-yous-en bien de garde, sei^pieur, si vous m*en voulez croire. Vous avez trouvé la meilleure invention du monde ; et je me trompe fort si elle ne vous réussit. Les femmes sont des animaux d'un naturel bizarre ; nous les gâtons par nos douceurs ; et je crois tout de bon que nous les verrions nous courir, sans tous ces respiects et ces^soumissions où les hommes les acoquinent.

ARBATE.

Seigneur, voici la princesse qui s'est un peu éloignée de sa suite.

MORON

Demeurez ferme au moins dans le chemin que vous avez pris. Je m'en vais voir ce qu'elle me dira. Cependant promenez-vous ici dans ces petites routes sans faire aucun semblant d'avoir envie de la joindre ; et, si vous l'abordez , demeurez avec elle le moins qu'il vous sera possible.

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