SGANARELLE, LUCAS, MARTINE
LÉA.NDRE.
Monsieur, je viens faire paroître Léandre à vos yeux, et remettre' Lucinde en votre pouvoir. Nous avons eu dessein de prendre la fuite nous deux, et de nous aller marier ensemble; mais éette entreprise a fait place à un procédé plus honnête. Je ne prétends point vous voler votre fille , et ce n est que de votre main que je veux la recevoir. Ce que je vous dirai , monsieur, c'est que je viens , tout-à-Theure, de recevoir des lettres par où j'apprends que mon oncle est mort, et que je suis héritier de tous ses biens.
GÉRONTE
Monsieur, votre vertu m'est tout-à-fait consi-
8a LE MÉDECIN MALGRÉ LUI.
dérable; et je vous donne ma fille avec la plus grande joie du monde.
8G AU ARELLE, h part, La médecine Fa échappé belle !
Puiscpie tu ne seras point pendu, rends-moi grâce d*étre médecin ; car c'est moi qui t*ai pro* curé cet honneur.
86ANARELLE.
Oui y c'est toi qui m'as procuré je ne sais combien de coups de bâton.
LÉANDRE,à Sganarelle,
L'effet en est trop beau pour en garder du ressentiment.
SGANARELLE
Soit. ( à Martine. ) Je te pardonne ces coups de bâton en faveur de la dignité où tu m'as élevé : mais prépare-toi désormais à vivre dans un grand Vespect avec un homme de ma conséquence ; et songe que la colère d'un médecin est plus .à craindre qu'on ne peut croire.
MELICERTE,
PASTORALE HÉROÏQUE EN DEUX ACTES, Représentée le 2 décembre 1666.
PERSONNAGES
MÉUCERTE, bergère.
DAPHNÉ, bergère.
ÉROXÈNE, bergère.
MTRTIL, amaDt de Mélicerte.
ACANTE, amant de Daphné.
TIRÈNE, amant d'Éroxène.
LICARSIS, pâtre, cru père de Myrtil.
CORINNE, confidente de Mélicerte.
NIC ANDRE, berger.
MOPSE, berger, cru oncle de Mélicerte.
La scène est en Tbessalie, dans la vallée de Tempe.
MELICERTK