‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 335 sur 520 · ACTE II, SCÈNE IV. m · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV. m

Dans sa philosophie appris ces choses-là? Et vous qui lui donnez, de si douce manière , Votre main à baiser, la gentille bergère , L'honneur vous apprend-il ces mignardes douceurs Par qui vous débauchez ainsi les jeunes coeurs?

MYRTIL

Ahl quittez de ces mots Toutrageante bassesse, Et ne m*accablez point d*un discours qui la blesse.

LICARSIS.

Je veux lui parler, nxQÎ. Toutes ces amitié^...

MTRTIL.

Je ne souffrirai point que vous la maltraitiez. A du respect pour vous la naissance m'engage ; Mais je saurai sur moi vous punir de Toutrage. Oui , j'atteste le ciel que si, contre mes vœux , Vous lui dites encor le moindre mot fâcheux , Je vais, avec ce fer qui m'en/era justice, Au milieu de mon sein vous chercher un supplice , , Et par mon sang versé lui marquer promptement L'éclatant désaveu de votre emportement.

MÉLIGERTE.

Non, non, ne croyez pas qu'avec art je l'enâamme. Et que mon dessein soit de séduire son ame. S'il s'attache à me voir, et me veut quelque bien , C'est de son mouvement, je ne l'y force en rien. Ce n'est pas que mon cœur veuille ici se défendre De répondre à ses vœux d'une ardeur assez tendre ; Je Faime, jç l'avoue, autant qu'on puisse aimer : Mais cet amour n'a rien qui vous doive alarmer; Et pour vous arracher toute injuste créance ,

113 MÉLICERTE

Je vous promets ici d'éviter ta présence.

De faire place au choix où vous vous résoudrez,

Et ne souffrir ses vœax qae quand tous le voudrez.

Page 1