UN SÉNATEUR, BON PEDRE
LE SÉNATEUR
Serviteur, sei^eur don Pèdre. Que vous venez à propos I '
D. PÈDRE
Je viens me plaindre à vons d'nn affront qu'on m*a fait.
LE SÉNATEUR
J'ai fait une mascarade la plus belle du monde.
D. pédre.
Un traître de Français m'a joué une pièce... !
LE SÉNATEUR
Vous n'avez, dans votre vie, jamais rien vu de si beau.
1)< PÉDRE.
Il m'a enlevé une fille que j'avois affranchie.
LE SÉNATEUR
Ce sont gens vétus en Maures , qui dansent admirablement.
' D. PÈDRE
Vous voyez si c'est une injure qui se doive souffrir.
S^CÈNE XXÎ. 175
LE SÉNATEUR
Des habits merveilleux, et qui sont faits exprès.
D. PEDHE.
Je demande Tappui de la justice contre cette action.
LE SÉNATEUR
Je yeux que vous voyiez cela. On la va répéter pour en donner le divertissement au peuple.
D. pÉdre.
Comment! de quoi parlez-vous là?
LE SÉNATEUR
Je parle de ma mascarade.
D. PÈDRk.
Je vous parle de mon affaire.
LE SÉNATEUR
Je ne veux point aujourd'hui d'autres affaires que de plaisir. Allons, messieurs, venez. Voyons si cela ira bien,
D. PEDRE.
La peste soit du fou , avec sa mascarade !
LE SÉNATEUR
Diantre soit le fâcheux , avec son affaire !