PRÉFACE
n'y auroit rien par là qui ne fût condamné : et, paisque Ton ne garde point cette rigueur à tant de choses dont on abuse tous les jours , on doit bien faire la même grâce à la comédie, et approuver les pièces de théâtre où Ton verra régner Tinstruction et Thonnéteté.
Je sais qu'il y a des esprits dont la délicatesse ne peut souffrir aucune comédie; qui disent que les plus honnêtes sont les plus dangereuses ; que les passions que Ton y dépeint sont d'autant plus touchantes qu'elles sont pleines de vertu, et que les âmes sont attendries par ces sortes de représentations. Je ne vois pas quel grand crime c'est que de s'attendrir à la vue d'une passion honnête : et c'est un haut étage de vertu que cette pleine insensibilité où ils veulent faire monter notre ame. Je doute qu'une si grande perfection soit dans les forces de la nature humaine ; et je ne sais s'il n'est pas mieux de travailler à rectifier et adoucir les passions des hommes que de vouloir les retrancher entièrement. J'avoue qu'il y a des lieux qu'il vaut mieux fréquenter que le théâtre; et , si Ton veut blàmçr toutes les choses qui ne re-
PBÉFACE.
Dica et Mm saint , il En doU étic; et je ne qacUe seifc condamnée yoiéymBMnrîl<st¥iai, qne les acraoes «le lapîélé foaffineotdes i»tenralles, et que le» imnnM» aient besoin, de diirertiisciiicDt, je sontieBS qu'on ne kor en fent InMiirer m ^li soit pins innooent que la comédie, je me snis étendu trop loin: finissons par le mot drm iprand prince sur la comédie du
Hntt ^Nurs a^wès qu'elle eut été défemlfie, OD repiésenta devant la coor une pièce intitulée Searamottehe ermitei et le roi, en sortant, dit au grand.prince que je veux dise : ■ Je voor • drois bien savoir poucquoi le» f^s qui se « scandalisent si fort de kt comédie de Molièie « ne disent mot de celle de Scaïamouche. » ▲ quoi le prince répondit : « La raisoa de cela, « c'est que la comédie de Scaramondbe jpuele « ciel et la religion^ dont ces msasieufs-là ne « se soucient point t mais celle de IMkAièrQ ks « joue eD»4némes ;. c est ce qu'ils ne peuvent -^ souffrir. »