SCÈNE I
LA PRINCESSE, EURYÀLE, MORON
Prince, comme ja8<]tt*ici nous avons fait paroitre une conformité de sentiments, et que le ciel a semblé mettre en nous mêmes attachements pour notre liberté et même aversion pour Famour, je suis bien aise de vous ouvrir mon cœur, et de vous faire confidence d*un changement dont vous serez surpris. «Tai toujours regardé Thymen comme une chose affreuse ; et j*avois fait serment d'abandonner plutôt la vie que de me résoudre jamais à perdre cette liberté pour qui j'avois des tendresses si grandes : mais enfin un moment a dissipé toutes ces résolutions. Le mérite d*un prince m*a frappé aujourd'hui les yeux ; et mon ame tout d'un coup , comme par un miracle , est devenue sensible aux traits de cette passion que j'avois toujours méprisée. J'ai trouvé d'abord des raisons pour autoriser ce changement, et je puis
i' appuyer de ma volonté de répondre aux ardentes sollicitations d'un pire et aux vœux de tout un état : mais, à vous dire vrai, je suis en peine du jugement que vous ferez de moi , et je voudrois savoir si vous condamnerez ou non le dessein que j*ai de me donner un époux.
eurtaLe.
Vous pourriez faire un tel choix , madame y que je Tapprouverois sans doute.
LiL PRIITGESSE.
Qui croyez-vous, à votre avis, que je veuille choisir ?
EURTALB.
Si j'étois dans votre cœur, je pouirois vous le dire ; mais comme je ny suis pas, je nai garde de vous répondre.
Devinez, pour voir, et nommez .quelqu'un.
EURTALE.
J'aurois trop peur de me tromper.
LA PRkNCESSE.
Mais encore, pour qui souhaiteriez-vous quo je me déclarasse ?
EURTALE.
Je sais bien, à vous dire vrai, pour qui je le souhaiterois : mais, avant que de m'expliquer, je dois savoir votre pensée.