ACTE IV, SCÈNE I
LA PRIHCES8E.
Hé bieD ! prince, je venz bien vous ia dëcou- ▼rir. Je suis sûre que vous allez approuver mou choix ; et, pour ne vous point tenir en suspens davantage , le prince de Messène est celui de qui le mérite s*est attiré mes vœux.
EURTALE, à part, '
O ciel !
LA PBiirCESSE, bizsy h Moron.
Mon invention a réussi , Moron. Le voilà qui se trouble.
MOBOir, à Ut princesse.
Bon, madame, (auprince.) Courage, seigneur! {hia princesse, )rll en tient. ( au prince, ) Ne vous défisûtes pas.
LA PRINCESSE, à EuryaU.
Ne trouvez-vous pas que j'ai raison, et que ce prince a tout le mérite qu'on peut avoir ? MORON, hea^ au prince»
Remettez^ous , et songez à répondre.
D'où vient, prince, que vous ne dites mot, et semblez interdit ?
EURTALE.
Je le suis, à la vérité; et j'admire, madame, comme le ciel a pu former deux âmes aussi semblables en tout que les nôtres, deux âmes en qui
m LA PHI5CESSE DTÉLIDE.
Von ait TO une pliu grande conforniîté «le seoti- ■lents, qui aient feii éclater dans le même temps •ne résolntion à brarer les traits de Tanioor, et ijoi , dans le même moment, aient lait paroitre «ne égale hasSàté à perdre le nom d'insensibles. Car enfin, madame, pnisqoeTotre exemple m'antorucy je ne Ceindrai point de tous dire qoe Famonr aajoordlmi s*est rendu maître de mon cœnr , et qn'nne des princesses vos cousines , l'aimable et belle ^glante , a renrersé d*an coup d*aeO tons les projets de ma fierté. Je suis nm, madame , cpe , par cette ^alité de défaite , noas n'ayons rien à nous reprocher Tun et rârôtre ; et je ne doute point que, comme je vous loue infiniment de Totre choix , tous n'approuviez aussi le mien. Il faut que ce miracle éclate aux yeux de tout le monde, et nous ne devons point différer h nous rendre tons deux contents. Pour moi , madame , je TOUS sollicite de vos suffrages pour obtenir celle que je souhaite, et vous trouverez bon que j'aille de ce pas en faire la demande au prince votre père. ^
M G RO N , bas, h Euryale.
Ah ! digne, ah! brave cœur!