‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 391 sur 520 · ACTE 1» SCÈNE 1. io · texte numérisé non relu

ACTE 1» SCÈNE 1. io

^J Quiconque à son mari veut plaire seulement , Ma bru, n*a pas besoin de tant d'ajustement.

CLBANTE.

Md 18, madame, après tout...

urne PERNELLE.

Pour vous , monsieur son frère , Je vous estime fort , vous aime , et'vous révère ; \ Mais enfin , si j'étois de mon fils , son époux ,

Je vous prierois bien fort de n'entrer point chez nous. Sans -cesse vous prêchez des maximes de vivre Qui par d'honnêtes gens ne se doivent point suivre. / Je vous parle un peu franc ; mais c'est là mon humeur, >< Et je ne mâche point ce que j'ai sur le cœur.

OAMIS.

j( Votre monsieur Tartufe est bien heureux , sans doute...

nime PEANELLE.

c'est un homme de bien , qu'il faut que Ton écoute; Et je ne puis souffrir, sans me mettre en courroux, De le voir quereller par un fou comme vous.

DAMIS

Quoi! je souffiirai, moi, qu'un oagot de critique Vienne usurper céans un pouvoir tyran nique; Et que nous ne puissions à rien nous divertir, Si ce beau monsieur-là n'y daigne consentir!

OORINE.

S'il le faut écouter et croire à ses maximes. On ne peut faire rien qu'on ne fasse de crimes; Car il contrôle tout, ce critique zélé.

Mine PERNELLE.

y Et tout ce qu'il contrôle est fort bien contrôlé.

ao4 LE TARTUFE.

C*est au chemin du ciel qu'il prétend yous conduire : ' Et mou fils à Taimer tous devroit tons induire.

DAMIS

/ Non , Toyez-vous , ma mère , il n'est père, ni Tien , 1 Qui me puisse obliger à loi vouloir du bien. j Je trahirois mon cœur de parler d'autre sorte. i Sur ses façons de faire à tous coups je m'emporte : . J*en prévois une suite, e^ qu'avec ce pied-plat * Il faudra que j'en vienne à quelque grand éclat.

OORINE.

Certes, c'est une chose aussi qui scandalise, 'De voir qn'un inconnu céans s'imrpatronise; ^ Qu'un gueux qui, quand il vint , n'avoit pas de souliers, | Et dont l'habit entier valait bien six deniers, '\

En vienne jusque-là que de se méconnottra , De contrarier tout, et de faire le maître.

M«« PFRNBtrLB.

/ Hé ! merci de ma vie ! il en iroit bien mieux.. Si tout se gouvemoft par ses ordres pieux.

nORINE.

Il passe pour un saint dans votre fantaisie :

Tout son fait, croyez^moi , n'est rien qu'hypocrisie.

I^me PERM£LLB.

Voyez la langue !

•boRINB.

A lui, non plus qu'à-son Laurent, Je ne me fierois, moi , que sur un bon garant.

M»e .PB'RffBLL'E.

J'ignore ce qu'au fond le serviteur peut être; Mais pour homme de bien je garantis le maître.

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