ACTE I, SCÈNE VI. ai
Et lorsque je sortois, il me devançoit vite
Pour m'aller, à la porte, offrir de Teau bénite.
Instruit par son garçon , qui dans tout rimitoît ,
Et de son indigence, et de ce qu'il étoit,.
Je lui faisois des dons : mais, avec modestie,
Il me vouloit toujours en rendre une partie.
Cest trop y me disoit-il, cert trop de la moitié;
Je ne mérite pas de vousfawe pitié.
Et quand je ref usois de le vouloir reprendre ,
Aux panifies, à mes yeux, il alloit le répandre.
Enfin le ciel chez moi me le fit retirer,
Et depuis ce temps-là tout semble y prospérer.
Je vois qu'il reprend tout, et qu'à ma femme même
Il prend, pour mon honneur, un intérêt extrême ;
Il m'avertit des gens qui lui font les yeux doux»
Et plus que moi six fois il s'en montre jaloux.
Mais vous ne croiries point jusqu'où monte son léle *
Il fr'impute à péché la moindre bagatelle;
Un rien presque suffit pour le scandaliser;
Jusque-là qu'il se vint, l'antre jour, accuser
D'avoir pris une puce en faisant sa prière,
Et de favoir tuée avec trop de colère.
CLÉAMTE.
Parbleu! vous êtes fou, mon frère, que je croL Avec de tels discours «ous moquez- vous de moi? Et que prétendez- vous? Que tout ce badinage...
OROOfC.
Mon frère, ce discours sent le libertinage: Vous en êtes un jieu dans votre ame entiché; Et, comme je vous l'ai plus de dix fois prêché,
ai5 LE TARTUFE.
Vous vous attirerez quelque méchante afbire,
CLBAHTB.
Voilà de voA pareils le discourt ordioaire :
Us veulent que chacun soit areugle comme eux.
Cest être libertin que d*avoir de bons yeux ;