ACTE m, SCÈNE VT
ORGON
{à Tartufe. ) [à son fils. )
Mon frère , c'en est trop. Ton cœur ne se rend point, Traître ?
DAMfS.
Quoi ! ses discours vous séduiront au point...
OBGON.
{relevant Tartufe.) Tais-toi, peudard. Mon frère, hé! levez- vous, de grâce !
[à son fils.) Infâme !
DAMIS
Il peut...
ORGON
Tais-toi.
iTamis.
J'enrage. Quoi ! je passe...
ORGON
Si tu dis un seul mot , je te romprai les bras.
Mon frère, ^u nom de Dieu, ne vous emportez pas. |
J'airoerois mieux .souffrir la peine la plus dure , l
Qu'il eut reçu pour moi la moindre égratignure. ^«1
ORGON, à son fils. ^
Ingrat!
Laissez-le en paix. S'ilfaut, à deux genoux. Vous demsuider sa grâce...
ORGON, se jetant aussi à genoux y et embrassant
TaHufç.
Hélas ! vous moquez-vous*
26a LE TARTUFE.
{àsonjils,) Coquin ! vois sa bonté.
DAMIS
Donc...
ORGOIf.
Paix!
DAMlS.
♦ Quoi! je...
. ORCON.
Paix ! dis-J€ Je sais bien' quel motif à Fattaquer t'oblige. Vous le haïssez tons ; et je vois aujourd'hui Femme enfants^ et valets,' déchaînés contre lui. On met impudemment toute chose en usage Pour ôter de chez moi ce 4évot personnage : Mais plus on fait d*efforts afin de l'en bannir. Plus j'en veux employer à l'y mieux retenir; Et je vais me hâter de lui donner ma fille. Pour confondre l'orgueil de toute ma famille.
A recevoir sa main on pense l'obliger?
OR G ON. à
Oui, traître, et dès ce soir, pour vous ftiire enrager. ^ Ah! je vous brave tous , et vous ferai connoitre Qu'il. faut qu*on m'obéisse, et que je suis le maître. Allons,, qu'on se rétracte ; et qu'à l'instant, fripon'. On se jette à ses pieds pour demander pardon.
DAMIS
Qui? moi! de ce coquin, qui par ses impostures.'..