‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 454 sur 520 · SCÈNE Vï · texte numérisé non relu

SCÈNE Vï

VALÈPE, ORGON, Madame PERNELLE, ELMIRE, CLÉ ANTE. MARI ANE, DAMIS, DORINE.

VALÀRB.

Avec regrret, monsieur, je viens. vous affliger; Mais je m'y vois contraint par le pressant danger. Un amîf'i|ui m^iifl joint d'une amitié fort tendre, Et qui saitPiiiiéiiftt qu'en vous j'ai Keu de prendre, 4

A violé pouf moi par un pas délicat •**«- "^ '^

Le secret que l'on doit aux aÎFFaires (Tétat, i i:t me vient d'envoyer un avis dont la suite f Vous réduit au parti d'une soudaine fuite, f Le fourbe qui long-temps a pu vous imposer Depuis une heure au prince a sa vous accuser, Et remettre en ses mains, dans les traits qu'il vous jette, D'un criminel d'état l'importante cassette, |

Dont, au mépris, dit-il, du devoir d'un sujet, j

Vous avez conservé le coupable secret. '

J'ignore le détail du crime qu'on vous donne : Mais un ordre est donné contre votre personne ; Et lui-même est chargé, pour mieux Fexécuter, D'accompagner celui qui vou^^loit^rrcter.

3oo LE TARTUFE.

CLBAIfTE.

Voilà ses droits armés; et c'est par où le traître

De vos biens qu'il prétend cherche à se rendre maître.

ORGON

L'homme est, je vous Favoue, un méchant animal !

YALÈRE.

Le moindre amusement vous peut être fatal.

J'ai , pour vous emmener, mon carrosse à la porte.

Avec mille louis qu'ici je vous apporte.

Ne perdons point de temps : le trait est foudroyant;

Et ce sont de ces coups que l'on pare en fuyant.

A vous mettre en lieu sûr je m'ofbre pour conduite.

Et veux accompagner jusqu'au bout votre faite.

ORGON

Las! que ne dois-je point à vos soins obligeants! Pour vous en rendre grâce il faut un autre temps; Et je demande au ciel de m'étre assez propice Pour reconnoître un jour ce généreux service. Adieu : prenez le soin, vous autres...

CLÉANTE

Allez tôt; Nous songerons, mon frère, à faire ce qu'il faut.

Page 1