‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 463 sur 520 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

A qui je me dois adresser.

( Sosie pose sa lanterne à terre. ) Madame, Amphitryon, mon maître et votre époux... ( Bon ! beau début !j l'esprit toujours plein de TOscharme.<v^

M'a voulu choisir entre tous Pour vous donner avis du succès de ses armes, £t du désir qu'il a de se voir près de vous.

- Ah ! vraiment, mon pauvre Sosie, * A te revoir j'ai de la joie au cœur. » Madame ce m'est trop d'honneur, Et mon destin doit faire envie.

( Bien répondu! ) « Comment se porte Amphitryon? •

Madame, en homme de courage, Dans les occasions où la gloire l'engage. ( Fort bien ! belle conception !) « Quand vieudra-t-il, par son retour charmant, « Rendre mon ame satisfaite ? »

Le plus tôt qu'il pourra, madame, assurément.

Mais bien plus tard que son cœur ne souhaite. ( Ah! ) « Mais quel est l'état où la guerre Ta mis? « Que dit-it? que fait-il? Contente un peu mon ame. - Il dit moins qu'il ne fait, madame.

Et fait trembler les ennemis. I

( Peste! où prend mon esprit toutes ces gentillesses?) « Que font les révoltés? dis-moi, quel est leur sort? » Us n'ont pu résister, madame, à notre effort; Nous les avons taillés en pièces , Mis Ptérélas leur chef à mort.

Pris Télébe d'assaut; et déjà dans le port Tout retentit de nos prouesses^

3)4 AMPHITRYON

x Ah! quel succès! ô dieux ! Qui Feût pu jamais croire ! « Raconte-moi, Sosie, un tel événement. » Je le veux bien, madame; et, sans m'enfler de gloire, Du détail de cette yictoire Je puis parler très savamment.

Figurez-vous donc que Télébe, Madame , ^t de ce côté ; ( Sosie marque les lieux sur sa main. ) C'est une ville, en vérité, Aussi grande quasi que Thêbe.

La rivière est comme là.

Ici nos gens se campèrent; Et Tespace que voilà , Nos ennemis Foccupèrent.

Sur un haut, vers cet endroit, Étoit leur infanterie; Et plus bas, du côté droit, Étoit la cavalerie.

\ Après avoir aux dieux adressé les prières. Tous les ordres donnés , on donne le signal : Les ennemis, pensant nous tailler des croupières, Firent trois pelotons de leurs gens à cheval ; Mais leur chaleur par nous fut bientôt réprimée,

Et vous allez voir comme quoi.

Voilà notre avant-garde à bien faire animée ; Là , les archers de Créon , notre roi ; Et voici le corps d*armée, ( On fait un peu de bruit. ) Qui d'abord... Attendez, le corps d'armée a peur; J'entends quelque bruit, cerne semble.

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