‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 465 sur 520 · ACTE l, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE l, SCÈNE II

Et que le drôle parle aiasi Pour me cacher sa peur sous une audace feinte. Oui , oui, ne souffrons point qu'on nous croie un oison : $ Si je ne suis hardi, tâchons de le paroitre.

Faisons-nous du cœur par raison : |

Il est seul , comme moi ; je suis fort ; j'ai bon maître ; Et voilà notre maison.

MERCURE

Qui va là?

Moi.

MERCURE

Qui moi?

SOSIE

{à part.) Moi. Courage, Sosie!

MERCURE

Quel est ton sort? dis-moi.

SOSIE

iVétre homme, et de parler.

MERCURE

Es-tu maître, ou valet?

SOSIE

Comme il me prend envie.

MERCURE

Où ^'adressent tes pas?

SOSIE

Où j'ai dessein d'aller.

MERCURE

Ah! ceci me déplaît.

328 AMPHITRYON

SOSIE

J'en ai Tame ravie.

Résolumeot, par force on par amoui% Je veux savoir de toi , traître^ Ce que tu fais, d'où tu viens avant jour. Où tu vas, à qui tu peux être.

SOSIE

Je fais le bien et le mal tour-à-tour ; Je viens de là, vais là ; j'appartiens à mon maître.

MERCURE

Tu montres de l'esprit, et je te vois en train De trancher avec moi de l'homme d'importance. Il me prend un désir, pour faire connoissance , De te donner un soufflet de ma main.

SOSIE

A moi-même?

MERCURE

A toi-même , et t'en voilà certain.

( Mercure donng un soufflet à Sosie,)

SOSIE. -

Ah ! ah ! c'est tout de bon.

MERCURE

Mon, ce n'est que pour rire, Et répondre à tes quolibets.

SOSIE

Tudieu! l'ami, sans vous rien dire , Comme vous baillez des soufflets !

MERCURE

Ce sont là de mes moindres coups,

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