ACTE I, SCÈNE II
Dispose de mon son tout au gré de tes vœut; Ton bras t'en a fait le maître.
MERCURE
Ton nom étoit Sosie , à ce que tu disois ?
SOSIE. ^ '
Il est vrai , jusqu'ici j'ai cru la chose claire ;
Mais ton bâton sur cette affaire |
M'a fait voir que je m'abusois. /
MCRGDRE.
c'est moi qui suis Sosie, et tout Thèbes l'avoue : Amphitryon jamais n'en eut d'autre que moi.
SOSIE
Toi, Sosie?
MERCURE
Oui, Sosie; et si quelqu^un s'y joue, Il peut bien prendre garde à soi.
SOSIE, à part.
Ciel ! me faut-il ainsi renoncer à moi-même , Et par un imposteur me voir voler mon nom?
Que son bonheur est extrême |
De ce que je suis poltron ! J
Sans cela, par la mort...
Entre tes dents , je pense.
Tu murmures je ne sais quoi.
SOSIE
yion. Mais, au nom des dienx, donne-moi la licence De parler un moment à toi.
MERCURE
Parle.
334 AMPHITRYON
SOSIE
Mais promets-moi , de grâce j Que les coups n*en seront point.
Signons une trêve.
MERCURE
Passe.
Va, je t'accorde ce point.
SOSIE
Qui te jette, dis-moi , dans cette fantaisie? Que te reyiendra-t-il de m'enlever mon nom? Et peux-tu faire enfin , quand tu serois démon , Que je ne sois pas moi , que je ne sois Sosie? MERCURE, levant le bâton sur Sosiû.
Comment ! tu peux... ?
SOSIE
Ah ! tout doux :
Nous avons fait trêve aux coups.
MERCURE
Quoi! pendard, imposteur, coquin...
SO&IE
Pour des injures.
\ Dis-m'en tant que tu voudras;