‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 491 sur 520 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Vois , si mon cœur n*eût su de froideur se munir, Queb inconvénients auroient pu s'en ensuivre!

CLÉANTHIS.

Je me moque des médecins Avec leurs raisonnements fades :

Qu'ils règlent ceux qui sont malades,

Sans vouloir gouverner les gens qui sont bien sains. ' Ils se mêlent de trop d'affaires , >

De prétendre tenir nos chastes feux gênés; Et sur les jours caniculaires

Ils nous donnent encore, avec leurs lois sévères,

De cent sots contes par le nez. j

SOSIE

Tout doux.

C{.ÉANTHIS.

Kon, je soutiens que cela conclut mal; Ces raisons sont raisons d'extravagantes tètes , Il n'est ni vin ni temps qui puisse être fatal A remplir le devoir de l'amour conjugal ; 1

Et les médecins sont des bêtes. j

SOSIE

Contre eux, je t'en supplie, apaise ton courroux; Ce sont d'honnêtes gens, quoi que le monde en dise

CLÉANTHIS.

Tu n'es pas où tu crois ; en vain tu files doux : Ton excuse n'est point une excuse de mise; Et je me veux venger tôt ou tard , entre nous, De l'air dont chaque jour je vois qu'on me méprisf . Des discours de tantôt je garde tous les coups, £t tâcherai d'user, lâche et perfide époux,

372 AMPHITRYON

De cette liberté que ton cœur m'a pennise.

SOSIE

Qvoi?

CLÉANTHIS.

Tu m'as dit tantôt que tu consentois fort. Lâche, que j*en aimasse un autre.

SOSIE

Ah ! pour cet article j*ai tort.

Je m'en dédis , il y va trop du nôtre. Garde-toi bien de suivre ce transport.

CLÉANTHIS.

si je puis une fois pourtant I Sur mon esprit gagner la chose.

SOSIE

Fais à ce discours quelque pause.

Amphitryon revient, qui me paroît content.

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