SCÈNE y. i
MORILLE
Vous voulez sans doute m'ëprourer ; mais vous ne m y tenez pas.
HILAIRB.
Qae le ciel te confonde !
MORILLE
Je ne suis pas de ces gens qui s'abandonnent à parler de leurs paaitres à tort et à travers.
HILAIRE
Que la foudre t*ëcrase!
MORILLE
Nous savons vivre, dieu merci.
HILAIHB.
Oh ! je n'en puis plus !
MORILLE
n faut, dans le monde, tout voir, tout entendre, et se taire.
HILAIRE
Maraud ! je te...
MORILLE
Cest ht maxime des grands hommes.
HILAIRE
Ah ! je déteste.
MORILLE
Quoique je ne sois qu un cocher, j*ai de la morale^ et je puis dire, sans vanité, que j*ai vu, lu et retenu, et que...
i54 LE COCHER SUPPOSÉ.
Ail 9 bourreau! il fout que je t'étraùgle.
MORILLE
Tout doux, tout doux, monsieur; vous vous mettez en colère.
HILAIRE
Ehl nai-je pas raison, chien que tu es?
MORILLE
Monsieur, sans vous emporter si fort, faitesmoi, s*il vous plaît, la ^ace de m*écouter.
HILâlRB.
Çà, que veux-tu me dire?
Faisons-nous justice: seriecrvous bien aise, monsieur, que j'allasse découTrir à madame votre nièce l'intrigue secrète que vous avés avec cer^ taine bourgeoise que je fais entrer, sans brUit, deux fois la semaine, par la porte de derrière , et que je conduis, par votre ordre, jusqu'au petit degré qui rend à votre garde-robe? Plaît-il?
HILAIBE.
Il n'est pas, à présent^ question de cela.
MORILLE
Il est vrai ; mais c'est pour vous faire connoitre qu'un domestique doit être discret, et qu'il ne faut jamais qu'il s'émancipe de raisonner sur les choses qui reganlent ses supérieurs.