‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 100 sur 465 · SCÈNE y. i · texte numérisé non relu

SCÈNE y. i

MORILLE

Vous voulez sans doute m'ëprourer ; mais vous ne m y tenez pas.

HILAIRB.

Qae le ciel te confonde !

MORILLE

Je ne suis pas de ces gens qui s'abandonnent à parler de leurs paaitres à tort et à travers.

HILAIRE

Que la foudre t*ëcrase!

MORILLE

Nous savons vivre, dieu merci.

HILAIHB.

Oh ! je n'en puis plus !

MORILLE

n faut, dans le monde, tout voir, tout entendre, et se taire.

HILAIRE

Maraud ! je te...

MORILLE

Cest ht maxime des grands hommes.

HILAIRE

Ah ! je déteste.

MORILLE

Quoique je ne sois qu un cocher, j*ai de la morale^ et je puis dire, sans vanité, que j*ai vu, lu et retenu, et que...

i54 LE COCHER SUPPOSÉ.

Ail 9 bourreau! il fout que je t'étraùgle.

MORILLE

Tout doux, tout doux, monsieur; vous vous mettez en colère.

HILAIRE

Ehl nai-je pas raison, chien que tu es?

MORILLE

Monsieur, sans vous emporter si fort, faitesmoi, s*il vous plaît, la ^ace de m*écouter.

HILâlRB.

Çà, que veux-tu me dire?

Faisons-nous justice: seriecrvous bien aise, monsieur, que j'allasse découTrir à madame votre nièce l'intrigue secrète que vous avés avec cer^ taine bourgeoise que je fais entrer, sans brUit, deux fois la semaine, par la porte de derrière , et que je conduis, par votre ordre, jusqu'au petit degré qui rend à votre garde-robe? Plaît-il?

HILAIBE.

Il n'est pas, à présent^ question de cela.

MORILLE

Il est vrai ; mais c'est pour vous faire connoitre qu'un domestique doit être discret, et qu'il ne faut jamais qu'il s'émancipe de raisonner sur les choses qui reganlent ses supérieurs.

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